Tous les parents d’ados le confirmeront : ces adorables bambins qui ne dépendaient que de nous hier encore deviennent, du jour au lendemain, avec l’arrivée de l’adolescence, de drôles de personnages dont on a (parfois) l’impression qu’ils ont été parachutés d’une autre planète. Nouveau langage, nouveaux intérêts, nouveau personnage qui préfigure l’adulte qu’il deviendra. Le moment où la communication, plus que jamais, doit être maintenue, encouragée, alimentée. Une des choses qui aident, c’est de nous intéresser à ce qui les intéresse. Faute d’aimer ce qu’ils aiment, c’est parfois une bonne source de sujets de conversation.  Et parfois, ça nous joue des tours….

Ici, les nouveaux intérêts se situent surtout au niveau de la musique et des… divertissements télévisuels.  Raw, ECW, Smackdown, ça vous dit quelque chose? Non? Si je vous dis… WWE? Ah…!

Coconut a commencé à en regarder les matches il y a environ un an. Le vendredi soir, seulement, parce que c’est diffusé tard et que les soirs d’école, je suis encore une maman-qui-met-des-limites. Au début, ma réaction a été «Ouache, tu regardes ça? C’est tellement idiot!» Quelques mois plus tard, je me suis assise avec lui, pas tant pour regarder les combats mais parce que c’est impossible pour moi de refuser quand il me dit «M’man, ça te tente-tu de venir passer un peu de temps avec moi?» J’ai cherché, ce soir-là, à comprendre un peu ce qui pouvait le fasciner. J’ai posé des questions. Eu des réponses. Regardé plus attentivement. Le vendredi soir suivant, il m’avait donné rendez-vous sur le canapé pour une autre session d’information. De fil en aiguille, je suis devenue amatrice, moi aussi.

Épargnez votre souffle : je sais très bien que c’est full fake, full arrangé. Que les «intrigues» sont pourries. Mais il faut aussi admettre que les lutteurs de la WWE sont quand même athlétiques. Le E de WWE, c’est pour Entertainment.  Et c’est précisément ce qu’ils livrent à chaque semaine : un show. Dans l’antiquité, les romains se ruaient au cirque pour voir des gladiateurs s’entretuer; aujourd’hui au moins, le sang qu’on nous montre (quand il y en a) n’en est pas du vrai. Une fois qu’on admet ça, on met le cerveau à off, et on s’amuse. 

Ici, c’est avec Coconut que je me distrais à regarder la lutte. Et j’aime l’entendre me dire «Sérieux, M’man, t’aimes ça pour vrai? Coool! J’en connais pas gros des mères cool comme toi!» Juste ça, ça valait la conversion.

Époux-stoufflant, lui, croit plutôt que ce sont les beaux corps musclés des types en speedo qui ont fait que j’ai accroché… Ouais, ouais, c’est cela, pffffffff!!! ;-)