J’étais en route vers l’université pour mon cours de ce soir, et j’étais partie un peu à l’avance, question d’avoir tout mon temps. Tout mon temps pour quoi, ça je n’en avais aucune idée, mais il semble bien que l’univers se soit arrangé, lui, pour s’occuper de ce détail.

À la hauteur de la sortie pour l’autoroute 30 (sur la 10), j’aperçois deux personnes, un homme et une femme, qui marchent dans le sens de la circulation, manifestement pour aller sur la bande de ciment et faire du pouce, puisqu’ils tiennent une pancarte. «Ils n’ont pas l’air dangereux, plutôt le contraire, ils ont l’air clean, que je me dis, ça ne risque rien de leur demander où ils vont…» alors je m’arrête en me tassant, je mets mes feux d’urgence et j’attends qu’ils s’approchent.

Je le les ai pas reconnus tant que LUI ne s’est pas penché à ma fenêtre. C’est clair qu’ils n’étaient ni l’une ni l’autre dangereux : il s’agissait d’Éric Salvail et d’Isabelle Racicot, sur cette aventure-là. Je les ai pris à bord, et j’allais leur donner un lift au moins jusque de l’autre côté du pont Champlain, mais comme c’est un peu compliqué de s’arrêter juste de l’autre côté, je me suis dit que c’était plus sécuritaire (pour moi mais surtout pour eux) que je pousse un peu plus loin et que j’aille au moins jusqu’à la 20 Est. 

D’emblée, je me suis confessée à Éric Salvail. Qu’il me tappait sur les nerfs (ou sur le rognon, c’est selon) au début de sa carrière télévisuelle, mais que maintenant, je le trouve plutôt sympathique. Cela dit, on peut trouver quelqu’un sympathique à la télé, sans jamais savoir si c’est vraiment le cas ou non. Lui, c’est définitivement son cas. Il pose des questions, répond à nos réponses, et on a vraiment l’impression qu’il s’intéresse à ce qu’on lui dit. 

Quant à Isabelle Racicot, qu’est-ce qu’elle est belle!! Quelque chose qu’on ne peut pas voir en photo, ce sont les étincelles de ses yeux. Et sa gentillesse!! Juste l’idée que je puisse avoir au moins deux choses en commun avec elle, ça me donne l’impression d’être spéciale! Oui, parce que voyez-vous, à elle aussi, le western-francophone donne des poussées d’urticaire (on parlait de musique et j’ai mentionné le fait que je détestais de genre), et elle aussi, elle parle aux chauffards qui manquent de civisme sur la route (quand j’ai dit à un camionneur qui ne pouvait pas m’entendre de respirer par les trous de nez, elle m’a dit qu’elle faisait ça aussi!).

Quand je les ai déposés, ils ont pris des photos (bien hâte de me voir la binette sur leur site – Isabelle a dit que la photo était bonne mais… on verra!) et je leur ai souhaité bonne chance.  Eux, ils se sont inquiétés pour moi, inquiétés du fait que j’arriverais en retard à mon cours.  Eh bien, à 18h28, je coupais le contact de mon auto, bien stationnée (dans un spot gratos, en prime!) à deux coins de rue du pavillon Jean-Brillant. Et j’ai même eu le temps de m’acheter un livre à la librairie de l’université, avant que mon cours commence. Comme quoi tout ce qu’on donne nous revient.

Si le coeur vous en dit, écoutez-les donc ce vendredi midi.   Pour ma part, ils ont gagné une fidèle auditrice (c’est promis!), parce que les avoir eus à bord de ma voiture a été un vrai privilège! (Je sais que ça fait un peu téteux – j’assume!)