C’est bien parce qu’on me l’a demandé. Mettons que j’aurais préféré ne pas revenir sur le sujet. Parce qu’il a fait long feu, à mon avis, et qu’un moment donné, il faut passer à autre chose. Mais BAxT a fait par ici quelques remarques qui nécessitent, je crois, des clarifications.
D’abord, il rapporte que je suis la seule à pointer du doigt la vraie problématique, celle-ci étant le souhait de la blogueuse de rester anonyme et que cet anonymat a été brisé par une personne malfaisante, contre la volonté de la blogueuse. Et il a émis le souhait que j’écrive un billet sur le sujet, sans nécessairement pointer qui que ce soit. Exercice délicat, s’il en est un, mais je veux bien essayer. Il est clair que la plupart de ceux qui connaissent l’histoire (en fait, tout le monde), sauront qui sont les protagonistes, mais je l’ai dit, la saga a fait long feu. Je ne nommerai donc personne et parlerai de « blogueurs ». C’est, j’espère de tout mon cœur, la dernière fois que j’y reviens.
Les deux personnes impliquées ont ceci de commun qu’elles ne laissent personne indifférent : on les aime ou on ne les aime pas. Et la notoriété de l’une a semblé se faire questionner l’autre, au point de se demander publiquement ce qu’on pouvait bien lui trouver d’intéressant. Possible que d’autres se posent la même question à son endroit. ET je n’émettrai aucune hypothèse quand aux raisons du questionnement du blogueur.
BAxT souligne qu’il est paradoxal qu’on tape sur la tête de l’anonyme qui a publié un lien qui dévoile l’identité d’une blogueuse qui tient à son anonymat, alors qu’on le lui reproche, à lui. Je n’y vois pourtant aucun paradoxe. Un blogueur qui écrit sur des sujets qui le concernent peut très bien vouloir le faire tout en souhaitant protéger son identité, que ce soit pour des raisons personnelles, professionnelles, ou autres. Moi, je blogue avec mon nom et mon image, parce que j’ai choisi de le faire. D’autres font d’autres choix c’est leur droit le plus strict de désirer ne pas être associé en réel avec leur personnage et/ou prête-nom bloguesque. À chacun ses raisons. Alors que l’anonyme qui vient faire des commentaires haineux dans le simple but de blesser, on est en droit de se demander s’il assumerait les mêmes paroles s’il devait les écrire/publier en sachant qu’on le reconnaîtrait, qu’on saurait qui il est. Il publie son venin, bien caché derrière un masque, et disparaît ensuite en laissant sa victime blessée. Hit and run. Elle est là, la différence. Un commentaire haineux simplement pour faire mal versus des écrits personnels qu’on ne publie pas dans le but que ça fasse le plus de mal possible.
Maintenant, le point qui a soulevé chez moi la plus grande réflexion. Je cite encore BAxT :
… concernant la personne qui aurait supposément écrit un article contre la blogueuse. […] il n’aurait fait que rapporter certains faits que la blogueuse aurait écrits sur son blogue… […] Ce n’est donc pas son opinion, mais bien une retranscription de ce que la blogueuse a déjà écrit sur son propre blogue.
Très bien. Prenons un exemple qui me touche de plus près, puisque je l’ai dit, je blogue avec mon nom. J’ai, moi aussi, aussi parlé ici d’expériences très personnelles. Des expériences parfois heureuses et parfois non. Mais ces choses qui me touchent personnellement ont été écrites sur une période de blogue de plus de TROIS ANS et se rapportent à des époques d’une vie qui compte maintenant quelque quarante années. Si quelqu’un décidait de me dénigrer sur son blogue et choisissait de me décrire comme étant une « blogueuse obèse ex-dépendante affective et dépressive, ayant déjà été victime d’abus sexuels, dont le frère s’est suicidé, obsédée par son fils et qui n’a pratiquement pas d’amis, » il prendrait efffectivement des éléments pigés ici et là sur mon blogue; toutefois, il occulterait le fait que ces éléments ont été rapportés comme étant des jalons de ma vie qui m’ont fait évoluer, grandir, avancer et devenir la personne que je suis aujourd’hui. Le simple fait de me définir en tant que personne au moyen des épreuves que j’ai traversées, regroupées en une seule phrase, dépeindrait une image très peu flatteuse de qui je suis, avouons-le. Cette seule phrase ne révélerait jamais que le billet où j’ai parlé de ma dépression a été écrit pour donner de l’espoir, parce que j’en suis guérie. Que mon poids, bien qu’il soit quelque chose que je sais avoir à régler, ne représente pas un complexe pour moi. Que je suis mariée à un homme extraordinaire qui a contribué à solidifier les acquis d’une thérapie qui m’a libérée de la dépendance affective. Que j’ai réglé les séquelles des abus de mon enfance d’une manière libératrice. Que le billet qui abordait le suicide de mon frère était en fait un hommage, un message d’amour. Que le fait que j’aie peu d’amis très proches tient surtout du fait que je les choisis avec soin. Et que la fierté que j’éprouve pour mon fils est celle que tout parent peut/devrait éprouver; qu’il n’y a aucun mal à l’exprimer; en fait, je pense que c’est une excellente chose, tant pour le parent que pour l’enfant. Que je suis. Et qu’on peut m’aimer ou non, j’en reconnais le droit à toute personne sans que ça m’enlève quoi que ce soit. Et que la perception qu’une personne aura de moi sera toujours fondée sur ce que JE choisis de révéler, d’écrire ou de garder pour moi. Et cela apporte une nuance énorme. Ne rapporter que le négatif, soigneusement choisi pour l’effet qu’il aura de dépeindre une personne comme étant méprisable et inintéressante, sans tenir compte du temps écoulé depuis les faits racontés et de la résolution des situations malheureuses, ce n’est pas de l’opinion? Est-ce réellement neutre?
Personnellement, je n’en suis pas convaincue.
Lundi, juin 15, 2009 at 23:39
J’aime beaucoup
Merci pour ce billet!
Mardi, juin 16, 2009 at 03:02
J’ai beau avoir beaucoup lu et écrit là-dessus, le sujet ne semble pas s’épuiser, et tu fais ressortir de très bons points.
Je retiens le « Hit & Run » et toute ta réponse à BAxT, qui est essentielle, je trouve.
Mardi, juin 16, 2009 at 04:46
Chère Nicole,
Nous en revenons à la motivation des bloggeurs.
Pourquoi tenir un blog?
Étaler sa vie privée (et avoir éventuellement des réactions indésirables)?
Parler de quelque chose qui tient à coeur (un hobby par exemple)?
Faire de l’humour, donner des recettes de cuisine…
Ne jamais juger les autres: c’est comme cracher en l’air, cela finit toujours par retomber sur les têtes.
Amitiés
Mardi, juin 16, 2009 at 05:52
J’aimerais avoir un blogue comme dans’l'temps, mais faudrait que je skippe une de mes activités préférées: dormir
lâche pas!
toujours en nuances tu es
remplie de délicatesse
toute belle défenderesse
des zopprimés déprimés
Mardi, juin 16, 2009 at 05:58
[...] sur Du Journal les Affaires a Refl…Économie: du … sur Raymond VigerRéflexion post-tsuna… sur La blogosphere est de nouveau …Fraude et anti-terro… sur [...]
Mardi, juin 16, 2009 at 06:58
Myriam : merci et bienvenue chez moi!
Renart : comme j’ai écrit, j’espère que c’est la dernière fois que j’y reviens, et que ça ne déclenchera pas une deuxième grosse vague. Mais il fallait le dire, ça aussi.
Armand : «Pourquoi tenir un blogue», il y a autant de réponse que de blogueurs. Ça ne sert pas à grand’chose de tenter de répondre à ça. Quant au jugement… malheureusement, il y en aura toujours, l’humain étant ce qu’il est.
Marie-France : il te faudrait des journées de 36 heures
T’M gros!
Mardi, juin 16, 2009 at 08:35
Je crois que ce billet mérite une place de choix dans le top10 de tes meilleures à vie. Sincèrement.
Mardi, juin 16, 2009 at 11:40
Très bon billet Nicole. Ta plume et tes réflexion font réfléchir. Comme Lilykiwi le disait, ce billet mérite d’être dans le top10.
Alors si je comprends bien, la personne (sans le nommer pour ne pas lui faire de publicité comme le dirait Renard) aurait user d’oportunisme avec son sophisme dans le but de donner une mauvaise opinion d’une personne. Son but ne pourrait donc aucunement de se servir d’un exemple pour imager sa pensée…
Se que j’en retire, c’est qu’au bout du compte, une personne est aujourd’hui blessée. Cette personne, en plus d’être blessée, a aussi perdue quelques choses d’important pour elle: le droit de bloguer anonymement…qui lui apportait du bien être presque thérapeutique dans sa vie.
Je retiens ton billet
Mardi, juin 16, 2009 at 12:03
PS @Nicole, mon pseudo est BAxT (ou BAXT) mais pas BaXT. Explication: c’est une raison ésotérique, le A représentant une pyramide, et le toit d’une maison. C’est symbolique.
Mardi, juin 16, 2009 at 12:58
Lilykiwi : waaahhh… merci!
BAxT : je ferai la correction de ton pseudo quand je serai chez moi ce soir.
Pour ce qui est de ce que tu dis comprendre, moi je n’émets plus aucune hypothèse, je ne dis plus rien. Tu m’as demandé une réflexion, je l’ai livrée. Le reste, au risque de me répéter, a fait long feu.
Mardi, juin 16, 2009 at 15:17
[...] effleure le sujet dans son article Réflexion post-tsunamique. Plutôt que continuer la polémique actuelle, qui causerait chagrin chez une blogueuse, elle a [...]
Mardi, juin 16, 2009 at 16:00
@Nicole : je suis d’accord avec toi, transportons le débat loin de -tu sais qui- mais on a le droit quand même de discuter toi et moi. Plus nécessaire d’alimenter la polémique, on tourne la page. Enfin pour le moment
Mercredi, juin 17, 2009 at 09:49
C’est pas gentil gentil ce que la personne a fait. J’en conviens à 100%.
L’affaire, c’est qu’il faut malheureusement se préparer mentalement à ce genre de truc. La vie est faite demême. Ça fait partie de la game malheureusement.
Onirique se plaignait (avant d’ouvrir son dernier blogue qu’elle a refermé) que X ou Y lisait son blogue. Quand on fait quelque chose de public, on l’envoie dans les bras du public et la Loi des Grands Nombres fait que tu vas presque assurément croisé un épais.
Juste moi sur mon site, j’ai un genre de troll qui vient laisser un commentaire désobligeant chaque 3 jours que je dois modérer.
C’est… plate. Mais c’est demême.
Mercredi, juin 17, 2009 at 10:45
Pierre-Luc : c’est évident que plus on s’expose, plus on risque les attaques. Pas pour rien que les guerres se faisaient dans les tranchées…
Moi j’ai eu de la chance en trois ans+, je n’ai pas eu trop de problèmes à ce niveau. Je sais quand même que ça peut changer du jour au lendemain. Mais si ce billet peut en faire réfléchir quelques-uns et contribuer à de meilleures pratiques bloguesques, alors je pense que ce n’est pas une si mauvaise chose que de l’avoir écrit
Mercredi, juin 17, 2009 at 12:34
Bonjour Nicole,
Je tenais juste à te dire qu’a travers toute cette grisaille bloguesque des derniers temps, j’ai mieux découvert ton blog. C’est bien intéressant tout ça, je viendrai régulièrement maintenant!
Bonne route!
Mercredi, juin 17, 2009 at 13:25
@Pierre-Luc
Tu parles des phénomènes externes qu’on ne contrôle, ceux que la plupart des gens ne voient pas avant que ça leur pète dans face?
Même si on leur dit avant coup, beaucoup te traitons de fous, d’avoir trop d’imagination, que ça se passe que dans les films, et pourtant…
Mercredi, juin 17, 2009 at 14:16
Malorie : merci de ta visite et de ta gentillesse. Je te souhaite la bienvenue, et j’irai aussi visiter ton blogue avec plaisir!