jeudi 30 mars 2006


…qu’au 3e étage, là ou je me suis présentée pour recevoir ma jaquette et faire mon admission, je me suis présentée au même comptoir qu’il y a 12 ans et demi, quand je suis venue pour accoucher. L’hôpital a changé certains départements de place, la chambre de naissances dans laquelle j’ai passé mes 23 heures de travail est devenue une salle de coloscopie, mais… c’est un peu ironique, je trouve, que de me retrouver exactement au même endroit, à presque 13 ans de délai, pour faire deux choses diamétralement opposées… et finir dans les deux cas dans une salle d’opération…

Drôle, la vie, des fois.

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Ça s’est bien passé.

Je voudrais quand même comprendre pourquoi il fallait que je sois à l’hôpital à midi et quart, quand en fait je n’ai été opérée qu’à quatre heures de l’après-midi…

12h15 :
Secrétaire à l’accueil – chirurgie d’un jour : Madame, je vais vous poser les questions de base, vous avez fait votre préparation avec le savon?
Moi : Oui
Elle : Aucun bijou? Piercing?
Moi : non et non
Elle : Vernis à ongles?
Moi : Non
Elle : Maquillage?
Moi : (ben là, ouvre tes yeux, hein!) Non.
Elle : Êtes vous à jeun depuis minuit?
Moi : Oui.

Je monte ensuite au 3e étage, ou l’infirmière m’accueille : Bonjour Madame, je vais vous poser les questions de base, vous avez fait votre préparation avec le savon?
Moi : Oui
Infirmière : Aucun bijou? Piercing?
Moi : non et non
Infirmière : Vernis à ongles?
Moi : Non
Infirmière : Maquillage?
Moi : (Coudon…) Non.
Infirmière : Êtes vous à jeun depuis minuit?
Moi : Oui.
Infirmière : D’accord, voici une jaquette, vous devez aller la mettre et ensuite assoyez-vous dans la salle d’attente, votre chirurgie est prévue pour 14h15 (pardon???) un brancardier viendra vous chercher.

14h15…. 15h…. 15h30….
Brancardier : Madame Levesque?
Moi : Hein?? PAS DÉJÀ? (Il faut dire ici que quand j’ai faim, que je suis nerveuse, et que je ne peux rien faire d’autre qu’attendre, ça a un léger effet sur mon humeur…)
Brancardier : Veuillez me suivre, je vous emmène au 2e étage, au bloc opératoire.

Monsieur le brancardier me donne ensuite un bonnet style bonnet de douche, m’invite à m’asseoir et à…. attendre!!

16h… 16h15 :
Infirmière du bloc opératiore : Bonjour Madame, ça va être à vous, veuillez me suivre. Vous allez bien?
Moi : (Rendue là, non pas tellement, je suis tannée, fatiguée, nerveuse pis j’ai faim, stie!!) Non, j’ai juste hâte que ça soit fini.

On croise Madame-ma-gynécologue (que j’adore, au fait).
Madame-ma-gynécologue : Bonjour, alors on ne change pas d’idée?
Moi : Moi, non, et vous?
Rires. Direction table d’opération.

Infirmière du bloc opératoire : Vous ne portez aucun bijou?
Moi : (avec un grand soupir) Noonnnn…
Infirmière du bloc opératoire : Pas de piercing?
Moi: Non plus.
Infirmière du bloc opératoire : Vernis à ongles?
Moi : (Là, je suis tannée de dire toujours non, je lui montre mes doigts.)
Infirmière du bloc opératoire : Maquillage?
Moi : (Pensez-vous vraiment que je m’amuserais à me donner cet air-là avec du maquillage??) Non, je ne me suis pas maquillée.
Infirmière du bloc opératoire : Êtes vous à jeun depuis minuit?
Moi : (Non mais, vous ne vous passez pas le mot?) Ouiiiiii, je suis à jeun, et c’est la raison qui fait que je commence à être un peu tannée de me faire poser les mêmes questions, tout le temps!
Infirmière du bloc opératoire : Comprenez, Madame, on est obligé de poser ces questions-là.
Moi : Désolée, je comprends très bien. C’est juste que là, moi, je commence à avoir la chienne. De quoi, je ne le sais pas, mais j’ai peur.
Infirmière du bloc opératoire : C’est votre première opération?
Moi : Non, mais c’est la première fois que j’ai peur.
Infirmière du bloc opératoire : Vous allez rencontrer l’anesthésiste, vous allez voir, elle est très gentille, et c’est une des meilleures. Mais elle aussi, elle va devoir vous poser des questions, ça fait partie de la procédure.

On m’invite à m’étendre sur la table d’opération. Ça tombe bien, je commençais à me demander si on n’allait pas me laisser debout pendant toute la procédure. Arrive l’anesthésiste.

Docteur dodo : Bonjour Madame, je suis docteur Unetelle et c’est moi qui vais vous endormir. Avez vous des allergies, outre celle qui est notée à votre dossier?
Moi : (Tiens, une nouvelle question!) Non, pas d’autres allergies et OUI, JE SUIS À JEUN DEPUIS MINUIT.
Docteur dodo éclate de rire, les inhalothérapeutes me mettent un masque à oxygène, trou noir.

18h30 : C’est la voix du brancardier qui me ramème à la salle d’observation qui me réveille. Ça et la douleur, bien sur.

Entre cette heure-là et 20h00, quand j’ai finalement mis les pieds dans mon chez-moi, mes souvenirs sont un kaléïdoscope de flashes : dodo, émerge, nausée, injection de gravol, injection de démérol, Époux-stoufflant qui a eu plus de patience que moi et qui est resté à côté de moi tout le long qui me demande si ça va, arrêt à la pharmacie, la tête me tourne, je ferme les yeux, dodo, tiens, on est arrivés.

Tiens, c’est bizarre, je n’ai plus faim…

Ce matin, par contre, je l’ai trouvé bon, mon bol de gruau!!!

Là j’ai le bas du ventre un peu lourd, ça ne fait pas trop mal, et je vais prendre ça mollo pour quelques jours… Entre deux attaques de Morphée, je viendrai vous lire. Vos petits mots m’ont touchée, et je suis sure que si tout a si bien été, c’est en partie grâce à vos pensées. Et je vous en remercie du fond de mon coeur!