juillet 2006


Parce que ça fait longtemps.

Donnez-moi de vos nouvelles, ventilez vos frustrations, cet espace, je vous le donne.

🙂

Est-ce qu’il faut dire une batterie de tests, ou une pile de tests?

C’est fou les flashbacks que j’ai ces derniers temps. Et les questions que ceux-ci provoquent. Celui de ce matin a été provoqué par un commentaire entendu à la radio. Un humoriste de la relève, dont la particularité est d’avoir 40 ans (pour une relève, ça sort pas mal de l’ordinaire) parlait de comment tout a commencé pour lui, le concours qu’il a gagné dans sa région, et le fait qu’Yvon Deschamps était dans la salle ce soir-là, et que tout est parti de là. Le nom d’Yvon Deschamps me fait toujours réagir de la même manière : « Pffff… lui… »

Et voici pourquoi (musique de flashback, puisque c’en est un!) :

On est en mille neuf cent quatre-vingt-quelque chose et je suis au début de ma vingtaine. Je travaille comme hôtesse/barmaid/caissière dans un restaurant assez spécial, situé très du Vieux port de Montréal, au nom évocateur : «Il était une fois». Pour ceux qui s’en souviennent, il était réputé pour son ambiance ancienne due au fait qu’il était dans une vieille gare qu’on avait gardée autant que possible dans son état original, et pour deux éléments particuliers de son menu : ses sodas à l’ancienne et ses hamburgers. Toujours plein sur l’heure du midi, et fréquenté à l’occasion par des visages connus. Dont Yvon Deschamps.

Ce jour-là il faisait, nous a-t-on dit, le tournage d’une publicité de voitures, et lui et son équipe étaient venus prendre leur lunch où je travaillais. C’était à la fin de l’été ou au début de l’automne, je ne me souviens plus très bien. Ce dont je me souviens, par contre, c’est qu’ils avaient demandé spécifiquement à manger sur la terrasse, située à l’arrière du restaurant et que mon patron n’avait pas prévu de l’ouvrir cette journée-là parce qu’il faisait un peu froid. Il a donc accepté de l’ouvrir pour eux mais il m’a demandé de me charger du service puisque les autres serveuses étaient toutes « dans le jus ». J’étais folle de joie, parce que j’avais une grande admiration pour Yvon Deschamps et parce que je me sentais honorée d’être sa serveuse attitrée.

Ma joie a duré… le temps de prendre sa commande et celle des gens qui étaient avec lui, et de la leur servir. J’ai eu beau être prévenante, souriante, attentive (n’ayant qu’une table à servir, c’était facile en plus), rien n’y a fait. Je n’ai récolté ni un regard, ni un sourire, ni un merci, c’est à peine s’il a daigné s’adresser à la serveuse (moi) pour donner sa commande… Quant au pourboire, inutile d’en parler, même pour l’époque ça faisait dur. L’humoriste arborait un air bête à faire pâlir de jalousie toutes les gorgones des légendes et rien de ce que j’ai fait ou aurait pu faire ne l’a déridé. Ils ont commandé, mangé et sont partis sans même passer par la caisse, ils ont simplement laissé l’argent avec la facture, sous un verre pour ne pas que le tout s’envole. Mon admiration pour lui a fondu comme neige au soleil cette journée-là. Depuis ce jour, quand je le vois à la télé, rire et sourire à qui mieux mieux, je ne peux pas m’empêcher de me demander quelle est la mesure de sa sincérité.

Ma mère m’avait dit à l’époque : « Peut-être qu’il passait une mauvaise journée? » Peut-être que oui. Mais était-ce à moi d’en faire les frais? Le seul résultat que ça aura eu, c’est qu’il a perdu une admiratrice, cette journée-là. Je ne l’ai plus jamais vu de la même manière, même si je n’étais pas la cause de sa mauvaise humeur, j’ai été tellement déçue de son attitude qu’il est devenu pour moi un humoriste plate. Et même aujourd’hui, quand on parle de lui comme le père de l’humour au Québec, j’en conviens. Je sais qu’il fait partie des grands qui ont donné à cette forme d’art ses lettres de noblesse. Un grand dans son métier, mais en personne… Pffff…

… de me demander ce qui peut bien se passer dans les méandres du net pour que certaines expressions de recherche aboutissent ici… Voyez plutôt :

Je pense le futur de ma vie à montreal : et ça fonctionne?
emploi+entevue : = salaie?
C’est moi qui ai raison : Ahhh non, c’est moi!!
histoires castration : Une fois c’t’un gars qui achevait d’en être un, comprends-tu…
MARIE PLOURDE PHOTO : S’adresser au Journal de Montréal
Elyianha : Qui?
dire a sa fille combien je l’aime : Et à son fils, son/sa conjointe, ses parents, ses amis…
photos de sex dans le onde : sexe dans les ondes? Est-ce que c’est ça, le sexe virtuel?
sex avec belle maman : gggââââârrrrggghhhh!! :-S
envies meurtrières : J’en ai eu une y a pas longtemps…
+biscuits+ritz+photo : Héhéhé j’pensais pas vraiment qu’il y en avait que ça excitait!!
faire mon assouplissant au quebec : va plutôt en Ontario – ils sont plus «stiffs» qu’ici!
J’ai vOulu être une fée .. mais maman : Voir ici, ici, ici, ici et ici
NICOLE A POIL : cibolle, y en a qui sont braves!!
des mots qui lui prend envie de moi : de kessé?
chantal lacroix seins : pas seins au suivant?
reussir comme telemarketeur : si tu survis à mes conseils, tu réussiras, garanti!!
LES JOYEUX NAUFRAGES : «Il était un petit bateau, sur l’eau du Pacifique, dans un pays où il fait chaud, sous le ciel des tropiques…»
comment pagayer : «Pagayer, c’est trop dur…»
mon petit fils me prend pour le lapin de : de… de l’annonce Énergizer?
grosse boule xxx : pfffff…. Toi-même yyy!
quand on est desespere financierement : dur, dur, dur.
comment monter un gazebo : coudonc, j’ai-tu l’air d’un mode d’emploi?
petite soeur volee : moi je connais la sœur volante, là, mais…
produit miracle contre gros bouton mento : Mentos? Mentor? Menteur? Manteau?
bas nylon secrétaire 40 ans : on a des fantasmes très spécifiques??
infirmiere de bloc operatoire : êtes-vous à jeun?
attentes salariales » jobboom : « salaire » que t’es pas sur le bon site…
un tourbillon de neige et de cendre : poétique, mais quel rapport?

Le mien me sert à communiquer avec Époux-stouflant quand je ne suis pas à la maison, ou avec Coconut quand il veut savoir s’il peut aller chez tel ami ou inviter tel autre ami chez nous et à être joignable en tout temps pour ma clientèle (ce qui se révèle fort pratique en ce moment). Mais ces situations impliquent des conversations qui ne durent au maximum que quelques minutes.  Ce n’est donc pas avec moi que les compagnies de communications sans fil font le plus de profits.  Belle dualité : les utilisateurs de cellulaires les plus appréciés des fournisseurs sont précisément ceux qui irritent monsieur et madame tout-le-monde.

Mon dernier exemple en lice remonte au début de la semaine dernière : après le travail, juste avant de prendre le métro, je me suis assise sur un banc, question de profiter de la belle fin journée.  J’avais de quoi lire et l’intention de profiter d’une petite parenthèse où j’ai fait semblant que j’étais en vacances. Mais une femme dans la jeune vingtaine est venue s’asseoir à coté de moi, son cellulaire collé à l’oreille, apparemment déjà en grande conversation. Bon gré mal gré, j’ai été témoin de ses états d’âme, du fait qu’elle était en rogne contre une fille, je l’ai entendue lui casser du sucre sur le dos, expliquer à son interlocuteur/trice sa philosophie de vie et que-sais-je-encore. Je suis restée sur ce banc une quarantaine de minutes. Quand je me suis levée pour aller prendre le métro et rentrer chez moi, et elle jasait encore…

C’est le prénom d’une femme rencontrée dans la file d’attente de l’autobus, vendredi de la semaine dernière. Elle vit une histoire assez difficile : son amoureux, avec qui elle devait emménager en juillet, a été victime d’une électrocution en juin.  Il est à l’hôpital pour plusieurs mois.  Elle a donc veillé seule à l’emménagement, s’est occupée de sa clientèle puisqu’il travaillait à son compte, le visite plusieurs fois par semaine à l’hôpital.  Comme elle vient du patelin ou j’ai fait mon secondaire, on a continué la conversation pendant tout le trajet. Elle a quelques années de plus que moi, est une jeune grand-maman qui ne fait pas son âge, relève d’une dépression majeure et malgré tout ça, elle sourit et se dit heureuse. Elle m’a impressionnée. Et comme je crois en cette dynamique de la mobilisation des pensées, s’il vous arrivait d’avoir une petite minute pour penser à elle et surtout à son amoureux qui est encore aux soins intensifs, je pense qu’elle l’apprécierait beaucoup.

Définition d’un podomètre 

Petit objet qu’il est possible de se procurer pour trois fois rien, fort utile quand on le porte toute la journée.  À moi, cet objet a permis de découvrir que je marche en moyenne 5400 pas par jour – reste à savoir quel en est l’équivalent en distance parcourue. 

Boire de l’eau, c’est bon pour la santé

Forte de cette affirmation (et de la soif que j’ai plus grande quand il fait chaud), j’en bois 2 à 3 litres par jour.  La question que je me pose est la suivante : où puis-je trouver une vessie supplémentaire?

Entendu au resto, cette femme raconter ce qui suit : 

« …Je lui ai expliqué qu’il était possible que je « passe tout droit » parce que je travaille à mon deuxième emploi le soir mais qu’évidemment je faisais tout pour que ça n’arrive pas; je voulais surtout lui faire savoir que j’étais plus fatiguée que d’habitude, cette semaine.  Eh bien elle m’a répondu que pour la boîte, ce n’était pas une raison valable pour justifier un retard et qu’ils s’attendent à ce que je sois ponctuelle en tout temps. La semaine dernière, il y a eu une journée où elle m’a avisée qu’elle quitterait une heure plus tôt, PARCE QU’ELLE S’ÉTAIT CASSÉ UN ONGLE ET QU’ELLE DEVAIT ALLER LE FAIRE RÉPARER et que si elle quittait à l’heure normale, son salon de manucure serait fermé…  »

J’ai failli avaler de travers.

Ça, c’est le genre de truc qui nous fait dire « Ah ben, là, j’aurai tout vu! ». Quoi que j’aurai vraiment tout vu quand ma curiosité sera satisfaite : à quoi ressembleront leurs enfants?

Tu ne liras probablement jamais ce mot. Mais ça me fait du bien de l’écrire, ne serait-ce que pour débrider une blessure qui ne s’est jamais tout à fait refermée.

Notre histoire, à tous les deux, remontre très loin. Mes 16 ans, tes 17 ans. Tu as été mon 2e « chum steady » mais mon premier grand amour. Jusqu’à cette trahison que tu as toujours niée, malgré les évidences. On a fait chacun notre bout de chemin, et puis un jour tu m’as écrit, pour me demander de te donner la chance de me montrer que tu n’étais pas à l’image que tu m’avais laissée, à la fin. Mais j’étais en couple à ce moment-là. Qu’à cela ne tienne, un pas était franchi et une amitié était renouée. Quand j’ai quitté ce gars-là, c’est toi qui es venu à ma rescousse, avec ta copine de l’époque, pour me ramener dans cette ville où je vis maintenant. À la fin de ta relation avec elle, j’ai été là pour toi. Et on s’est rendus à l’évidence, j’étais désormais pour toi une amie inconditionnelle, comme tu l’étais pour moi. Le soir où on en est venus à cette évidence, tu m’as avoué que le jour où tu m’as vue partir, après cette fin de semaine où tout avait commencé pour nous, tu avais dit à celui qui était à côté de toi : «cette fille est la femme de ma vie». Et tu m’as dit qu’en quelque sorte, c’était vrai, que peu importe où nos vies nous conduiraient, une amie d’aussi longue date, c’est aussi profond qu’une conjointe.

J’ai rencontré mon premier mari, et tu étais à mes noces – tu voulais même me prêter ta voiture pour nous conduire, mais comme c’était une voiture d’été, j’ai refusé, pour ne pas qu’elle ne s’abime.  Mais j’en ai été touchée, sache-le bien.

J’ai été là pour toi quand tu as dégringolé, et à chaque lendemain de cuite, quand tu avais besoin d’une oreille, ma porte t’était ouverte. J’ai été ta première confidente de l’amour qui naissait en toi pour celle qui est aujourd’hui la mère de tes filles, que j’ai vues venir au monde – pas littéralement – et qui m’ont toujours appelée leur tante.

Quand je suis devenue mère à mon tour, toi et elle vous êtes réjouis avec moi et avez été plus près de moi que mon propre frère. Malgré l’antipathie que vous ressentiez pour cet homme que j’avais épousé, vous avez continué de me recevoir, de me faire une place dans votre vie. Et quand les choses ont vraiment dégénéré, tu étais prêt à te mettre dans le trouble pour me défendre – c’est grâce à une promesse que j’ai dû t’arracher de force que rien de fâcheux ne s’est produit, parce que si je t’avais laissé faire, les conséquences auraient eu une portée dans ma vie, la tienne, celle de tes enfants, celle du mien. Et au moment de mon divorce, tu as fait pour moi ce que personne d’autre n’aurait fait. Tu m’as prêté ton nom, afin de me permettre de retomber sur mes pattes sans trop de dommages supplémentaires, puisque le gâchis était déjà assez important.  Cela, je l’ai pris comme un cadeau immense, inouï… Et je t’ai fait la promesse que ce nom, jamais je ne ferais en sorte de le bousiller.

J’ai emménagé dans un nouveau logement, seule avec mon fils, prête pour un nouveau départ. Était-ce un signe? Vous m’avez offert un coq portugais. Et deux ans plus tard, c’est d’un fils des Açores que je suis devenue amoureuse, qui m’a épousée. 

Et toi et elle, vous avez continué à voir pousser mon petit bout d’homme, à faire partie de ma vie. Ta douce était devenue aussi chère à mon cœur que tu l’étais. Naissances, baptêmes, mariages, cérémonies de consécration, ta première maison, mon travail à l’hôpital, nous avons tout partagé cela.  Vous avez fait à Époux-stouflant une place, et tout était bien.

Et puis…

La maladie est venue.  La tienne, que tu n’as pas reconnue. La mienne, qui était la même, mais en beaucoup, beaucoup plus grave. J’ai tenu le coup, financièrement, même pendant l’arrêt de paiement de mon employeur, pendant le grief que j’ai maintenu, dans l’attente de l’arbitrage qui est enfin venu. Je t’avais fait une promesse que je n’ai jamais trahie. J’ai pris des arrangements, j’ai supplié qu’on comprenne ma situation et j’ai eu gain de cause, la directrice savait ce qu’il en était. Et puis ce commis a fait l’erreur de téléphoner chez toi. Deux mois, seulement, avant la conclusion de ce chapitre honteux de ma vie. Cette période où j’avais perdu, outre ma santé, mon indépendance, mon autonomie, ma capacité même de prendre soin de moi, de poser les gestes si insignifiants qu’on prend pour acquis, quand on va bien, comme de se brosser les dents, de se doucher, de s’habiller…

Tu en as souffert aussi, souviens-toi. Toi aussi, à un certain moment, tu as été obligé de t’arrêter. Et sache que j’ai été reconnaissante au ciel de voir que ta dépression à toi, elle n’était pas aussi grave que la mienne, parce que tu avais tes deux filles, plus l’aîné de ta douce, et des responsabilités plus lourdes que les miennes.  En quelque sorte, j’étais reconnaissante du fait que pour une fois, la vie avait été juste malgré tout.

Le soir où tu as eu ce coup de fil de l’agent de la compagnie de prêt, tu n’as fait ni une ni deux, tu es arrivé chez moi par la porte arrière et tu m’as fait cette magistrale crise.  Tu m’as agressée verbalement, tu m’as dit des choses que jamais je n’aurais cru entendre. Tu as crié, gueulé au point que mon fils en a été longtemps traumatisé, il avait 6 ans à l’époque et il me demande encore aujourd’hui comment ça se fait que tu es devenu méchant (et je dois te dire que je ne trouve rien d’autre à lui répondre que « je ne sais pas »). Tu m’as traitée de noms plus humiliants et dégradants les uns que les autres et tu m’as donné l’ordre d’aller travailler parce que « ça avait assez duré ». Pas une seconde tu m’as laissée placer un mot, un seul. Tu as crié, agressé, décompensé et puis tu es parti, en me laissant K.O. et sous le choc.

L’arbitrage a eu lieu deux mois plus tard, comme prévu.  Et je suis sortie de là avec un emploi en moins et un chèque dans ma poche.  Et je suis allée couvrir ce prêt qui associait ton nom au mien, c’est la première chose que j’ai faite. J’ai tenu ma promesse quoi que tu en penses et je l’ai tenue jusqu’à la fin.  Parce que la fin de cette histoire et aussi devenue la fin de notre histoire, de notre amitié.  Et je trouve tout ceci infiniment regrettable, pour une histoire de sauter trop vite aux conclusions, de ne pas avoir voulu écouter ce que MOI j’avais à dire parce que tu avais ENVIE de crier et de te défouler, et d’avoir montré ce dont tu es vraiment fait, c’est à dire, d’intolérance envers quiconque n’est pas comme toi ou comme les attentes que tu te fais des autres.   Et c’est vraiment dommage.  Remarque, il y a beaucoup de souvenirs que j’ai gardés intacts parce qu’ils sont beaux.

19 années d’une amitié, parties en fumée pour un moment d’incompréhension, de manque de compassion. Et malgré tout…

Aujourd’hui, c’est ton anniversaire, et j’y ai pensé.

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