mai 2007


Les radios tournent et retournent Grace Kelly et j’avoue que c’est cette chanson qui m’a fait vouloir en savoir davantage.  Comme les Renaud-Bray et Archambault de ce monde offrent la possiblité d’écouter à l’avance les pistes d’un album qu’on envisage de se procurer, j’en profite. Ainsi naquit mon plus récent coup de coeur, qui tourne en boucle depuis plus de deux mois : 

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À mon humble avis, n’importe quelle piste de cet album est un numéro 1 potentiel. Impossible de ne pas tomber dans une marmite de bonne humeur en l’écoutant. Mais là où j’ai littéralement craqué, c’est avec cette chanson, qui est devenue l’hymne à ma croisade pour le droit aux rondes/grosses/pulpeuses/voluptueuses qu’on les trouve, elles aussi, belles :

Et voici comment il appuie ma «croisade» (cliquez sur l’extrait intitulé Big Girl (you are Beautiful) et remarquez les danseuses à la fin, et osez soutenir devant moi qu’elles ne sont pas belles!)

Eh oui, je suis forcée de l’admettre : je suis déjà une fan finie de Mika… ça se voit, dites?

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Vendredi, dix-sept heures trente quelque. Il a fait chaud toute la journée, je viens de finir de travailler et je me dirige vers le IGA pour aller chercher quelque chose qui nous fera un souper rapide, léger, et surtout qui ne demandera aucune longue préparation/cuisson. Voilà pour la mise en scène.

Je suis donc sur le boulevard du Séminaire, direction sud, arrêtée à un feu rouge. Devant moi, une Mini Cooper bleue toute neuve (je le sais à cause du transit qui prend la place de la plaque d’imatriculation), décapotable et décapotée. À droite de Cooper, un beau gros 4×4 rutilant, orange (ou une couleur qui s’en approche). Cooper (c’est ainsi que je désignerai le conducteur) jase avec 4×4 (même principe). Le feu passe au vert, et je remarque que devant Cooper et 4×4, il y a l’espace d’un véhicule et demi. Nos deux comparses avancent à 35-40 km/h (je le sais parce que je suis directement derrière Cooper, ne l’oublions pas) et… continuent à jaser!!!

On passe comme ça deux arrêts et un feu de circulation.  Le malheur (enfin, malheur pour moi, pas pour eux) veut que mon avertisseur (v’savez, le machin que quand on pousse sur le milieu du volant, ça fait beep-beep – ou beeeeeeeeeeeeeeeeeep – selon qu’on appuie plus ou moins longtemps…) ne fonctionne pas.  Je finis par entrevoir une solution à mon calvaire : au prochain feu de circulation, il y a une voie réservée pour le virage à gauche : je n’aurai qu’à m’y engager et faire un détour pour ne plus avoir à me rendre à l’épicerie à la «vitesse jasette».  Erreur.  Au moment où je clignote et accélère pour changer de voie, 4×4 fait un angle mort dans ma direction et Cooper me coupe cavalièrement pour aller dans cette voie – je suis prise pour continuer, ce qui m’anène au prochain feu rouge à la hauteur de 4×4 qui en profite pour me dévisager. Je le regarde dans les yeux et lui fais signe que la conduite et la jasette entre deux voitures, c’est encore plus dangereux que la conduite avec un cellulaire.

Si ses yeux avaient été des couteaux, je serais morte. Monsieur me gueule quelque chose que je m’efforce d’ignorer, le feu passe au vert, j’avance et dans mon rétroviseur, je le vois ralentir, passer derrière moi et venir me doubler par la droite. Il crie encore quelque chose qui, en raison du mouvement de conduite, sonne comme : «Wawabla wablalalaaaah, grosse cr… de fruuuuuuuuuuuuuu…»

C’est ici que l’anecdote prend fin, en même temps que ma compréhension. C’est lui et l’autre qui roulent à 35, qui jasent en conduisant sur un boulevard à deux voies et qui bloquent tout le monde, et c’est moi qui ramasse les bêtises pour avoir eu le malheur de ne plus vouloir endurer ça?? Et comment ça se fait que quand quelqu’un est dérangé dans son comportement délinquant, sa première réaction est de tomber dans les insultes les plus faciles?

J’ai deux regrets : le premier, de ne pas avoir relevé son numéro de plaque. Le second, la quasi-certitude qu’un moron de son espèce n’a aucune chance de tomber un jour sur le présent billet.  Parce que j’aurais une chose, juste une, à lui répondre. À tout hasard, je vais quand même l’écrire, ne serait-ce que pour que ça sorte et ainsi passer à autre chose :

«Eille, le moron, la seule chose que j’ai entendue, c’est « grosse cr.. de fru ». Si tu crois m’avoir atteinte avec un commentaire comme celui-là, utilise la main qui te sert à tenir ton bord de vitre baissée et mets-toi le doigt dans l’oeil. Je te le concède, tu as raison : je SUIS grosse (et oui, j’éprouvais une certaine frustration hier – cette réaction est normale, il me semble). Mais toi, tu ne sais pas vivre et à l’âge que tu sembles avoir, il y n’y a aucune chance que ça change un jour. Moi, en revanche, il m’est encore possible de maigrir…»

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Dans un autre ordre d’idées, si quelqu’un possédait un exemplaire en bon état du Dictionnaire Hachette des synonymes par Henri Bénac dont il ou elle serait prêt a se départir à prix raisonnable, je suis preneuse.  Le lien pour m’envoyer un courriel est dans le menu de droite.

Une classe d’université.  Pour les besoins de l’histoire, on va dire que c’est en stylistique et rédaction. Le travail demandé : lire un texte de trois pages et en faire un résumé de 175 à 200 mots maximum, avec une marge de plus ou moins 10 %.

Dès les premières lignes de ma lecture, mon estomac s’est contracté, et la sueur s’est mise à couler le long de ma colonne. Quoi, Newton, le chaos et l’harmonie, dychotomie, inébranlable, créative, holistique, opposition… Je n’y comprends rien!! Que dalle, je le jure, votre Honneur.  Et il faut que je résume?? O.K.  « Je n’ai rien compris », ça fait, quoi, cinq mots? Bon, pas si mal, il ne m’en manque que 170 à 195 (plus ou moins 10 %). Au secours!!

Bon… respire par le nez, ma grande. On va y aller par étapes. Première idée, okay, on résume ça et on passe à la seconde… ainsi de suite.  À la limite, on va juste mettre chaque petit résumé bout à bout, et voir ce que ça donne? Good plan. Je rends ma copie, les doigts croisés.

Cette semaine, on a reçu la correction. Et je n’y crois tout simplement pas : «Très bon résumé, très bonne rédaction : A+» C’est donc possible de résumer quelque chose qu’on n’a pas compris??

J’entends d’ici les sceptiques : ouais, tu dis ça mais tu as compris quelque chose au fond, sinon t’aurais pas eu cette note. À ceux-là je ne répondrai que ceci : je n’exagère pas.  Pour prouver ma totale incompréhension du texte original, j’ai relu mon résumé… et je n’ai aucune idée de ce dont je parle.

Faut le faire !

C’est l’anniversaire de ma petite soeur, et aussi l’autre anniversaire.

Je me réjouis, et je me souviens.  Pas évident, la même journée.

Je sais que ce billet est une presque copie de celui que j’avais écrit l’an dernier, à la même date. Mais c’est comme ça.

C’était un jeudi soir quelconque. Coconut et moi sommes allés faire quelques courses. Arrive le moment de souper. Je lui demande s’il a envie d’aller au resto – question inutile, il a toujours envie d’aller au resto.  Et avec lui, je suis toujours partante aussi, c’est juste une occasion de plus d’avoir un moment privilégié, juste lui et moi, à discuter de tout, de rien, de ce qui l’intéresse, ses amis, l’école…  Au moment de payer, je le vois se diriger vers le téléphone public qui se trouve à l’entrée, décrocher, porter le combiné à son oreille, et sourire… Ça m’intrigue, j’avoue.

Coconut revient vers moi, l’air de rien. Je termine ma transaction, et on part. Devant la porte, Coconut m’arrête : «M’man, regarde ça. » Il soulève à nouveau le combiné, le porte à son oreille, et dit : «Bonjour madame.  J’ai mal au derrière, que dois-je faire?», puis il me tend le combiné en souriant.

Je porte à mon tour le combiné à mon oreille, juste à temps pour entendre La Voix dire : «Enfoncez-bien votre carte…»

Entendu, le jour des élections :

Membre du personnel électoral : Vous habitez quelle rue, monsieur?
Électeur : Jules-Gauvin*
Membre du personnel électoral : Non, je ne veux pas votre nom, mais le nom de votre rue…
Électeur : C’est ce que j’ai dit, aussi.
Membre du personnel électoral : Oh! Pardon, j’ai cru… Laissez faire. Pouvez-vous répéter le nom de la rue?