octobre 2007


 Je les déteste. Positivement. J’y vais lorsque strictement nécessaire, du genre « pas le choix, les autres magasins sont fermés et c’est la veille de l’Halloween et Coconut a besoin de quelque chose pour son costume, demain. » Genre. Bref, hier soir c’était ça, mon excuse. J’en avais pour une vingtaine de dollars et la naïve en moi pensait qu’elle serait sortie de là assez vite. (Bruit de « buzzer » indiquant une mauvaise réponse dans un quiz.) Ha, ha, ha. 

Lorsqu’est venu le moment de payer et de décamper de là au plus c…, pardon, vite, je me suis dirigée vers la dernière caisse, où il n’y avait que deux clients; un homme en train de payer et une maman accompagnée de la petite fille la plus sage que j’ai vue depuis bien longtemps. La maman a visiblement aussi hâte que moi de sortir de l’enfer. Devant elle, appelons-le « le p’tit monsieur », un homme d’âge certain (comme dans « il a au moins 65  ans, certain!) est en train de payer un plein carosse de papier hygiénique et de boîtes de Kleenex avec… des chèques de voyage!! Bien entendu, elles sont trois caissières à essayer de comprendre comment entrer ça dans la caisse pour que la transaction passe; on peut voir les quarante-douze points d’interrogation qui flottent au-dessus de leurs têtes et la file de clients derrière moi qui s’allonge à vue d’oeil.  Possible qu’à ce moment précis, mon impatience soit lisible sur ma figure, parce que la femme derrière moi commence à me dire combien elle déteste les Wall-Mart (elle aussi), chiâle sur le service, la lenteur ces caisses et le magasin en général (Ça a-tu de l’allure, y a 15 caisses pis juste 5 d’ouvertes, c’est rendu trop gros les Wall-Mart, moi j’haïs ben ça, surtout qu’y a pas moyen d’avoir du service quand on veut poser une quest……… ‹le reste s’est perdu quand j’ai arrêté d’écouter›); je lui réponds par un sourire poli et je commence à feuilleter les revues sans intérêt qui se trouvent là.  Dix bonnes minutes plus tard, ça semble vouloir commence à bouger.  Ah, non, c’est moi qui me suis fait des idées… Parce qu’une fois le fameux chèque de voyage passé dans leur système, la caissière prend encore une dizaine de minutes pour expliquer au p’tit monsieur pourquoi la monnaie rendue est différente, vu que le chèque est fait en devise US… 
Enfin, on bouge pour vrai.  Le p’tit monsieur s’en va, tout heureux de son achat et inconscient des nombreux regards meurtriers convergeant sur sa nuque… La maman devant moi passe, paye et c’est déjà enfin mon tour. Le caissier se confond en excuses, mais comme il ne faisait pas partie des propriétaires des points d’interrogation mentionnés précédemment, je le rassure en lui disant que ce n’est pas sa faute, et j’ajoute du même souffle que je ne comprends pas comment quelqu’un peut avoir besoin d’un chèque de voyage dans un tel magasin. M’enfin.  Je paie et je ramasse mon sac.  Juste avant de partir, par contre, j’entends Mme Chiâleuse demander au caisser : « Prenez-vous American Express? » et le caissier lui répondre un « Euhhhhh… » rempli de sincérité.

C’est baveux, je le sais… mais ça m’a redonné le sourire. Je suis quand même sortie de là remplie de compassion pour les pauvres clients qui étaient repartis pour un autre tour…

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Comment avoir une grippe carabinée, avoir du mal à dormir parce qu’on renifle, tousse, ronfle, re-tousse, se réveille pour se moucher et en profiter pour faire un énieme pipi pour évacuer les six litres d’eau bus dans la journée (oui, Choco, moi aussi) et se réveiller sur un éclat de rire à 6h du matin, malgré tout.

La recette est très simple.  Quand le réveil sonne, il suffit de « snoozer » le pot de Vicks qui se trouve juste devant… (mise en garde : rire quand on a la grippe, le rire favorise provoque la toux)

Et ça commence ce matin : je m’accorde un casual Friday vestimentaire. Ce midi, j’ai une lunch date avec elle (désolée ma pitoune, mais les talons hauts et le décolleté, ça sera pour une autre fois 😉. À nous les sushis!

Après ça, je vais aller chercher ma copie réservée de Harry Potter et les reliques de la mort (je vais ENFIN savoir c’est qui, qui meurt à la fin), ce qui signifie que l’horaire de ma fin de semaine vient de se remplir d’un seul coup. Le seul ménage que je ferai, c’est celui que je peux faire tout en gardant le nez collé dans mon livre; ce qui exclut la vaisselle.

Dimanche soir, si on me cherche, on risque de me trouver dans un Cineplex Odeon de la Rive-Sud, avec mon Coconut-à-lunettes, à regarder le WWE Cyber Sunday pay per view event – ça me revient moins cher de payer deux entrées pour le voir au cinéma que de le commander à la maison, et en prime, j’ai les pectoraux d’acier, les abdos d’enfer, les cuisses fuselées et les fesses en béton sur grand écran, et ce n’est pas moi qui suis obligée d’essuyer la bave sur le plancher (des jokes, je ne les regarde même pas, les lutteurs en speedo, je l’ai déjà dit!!). Plus une soirée juste moi et Coconut. J’ai l’intention de demander à Époux-stoufflant-qui-n’aime-pas-la-lutte s’il a envie de nous accompagner et de se choisir un film dans une autre salle – on verra bien ce qu’il en pensera.

S’il me reste du temps, je dormirai. Peut-être. 😉

Paris Hilton se sent vide

Ben en fin de compte, elle a juste fini par le savoir après tout le monde…

Je sais… c’est une bitcherie. J’assume.

Coconut devient de plus en plus ado à mesure que les jours passent. La maman que je suis a cessé il y a belle lurette d’avoir peur des mauvaises influences, car il sait se tenir pour ce en quoi il croit. Il n’a pas hésité à laisser tomber un ami du primaire quand ce dernier a commencé à fumer et à faire des mauvais coups, et à se trouver d’autres amis qui ont les mêmes valeurs que lui. Et il a de la répartie, en plus! L’autre jour, il était tout fier de me rapporter qu’il a été élu par toute sa classe d’anglais «the weirdest person of the class» – bizarre dans le sens positif, bien sûr – la raison étant que Coconut pratique l’humour absurde ou surréaliste, du genre entrer dans sa classe en faisant semblant que la porte est entr’ouverte et qu’il doit s’y faufiler alors qu’elle est grande ouverte, voyez le genre? Suffit de voir ses vidéos pour s’en convaincre. À l’âge ou le peer pressure est l’ennemi commun à combattre, mon fils, lui, fait ce qui lui chante et assume ses clowneries (et ses bêtises aussi, je l’ai entendu expliquer à un ami au téléphone qu’il était puni et pourquoi il l’était, comme s’il parlait de la température qu’il fait, mais ça, c’est une autre histoire). 

La preuve?

La scène : heure du dîner dans une polyvalente ordinaire, quelque part dans ma ville. Coconut et son meilleur ami, appelons-le Gustave (qui, soit dit en passant, pourrait passer pour son jumeau cosmique), discutent à voix (très) forte, et déconnent comme des… des ados de 13 ans, finalement. Un secondaire 3 passe à côté d’eux, dévisage Coconut et lui lance une pièce de 10 cents avec cette (très amicale) remarque : « Farme ta yeule, tu pues d’la yeule!» (je l’avais dit que c’était amical!).  Coconut ne bronche pas, se penche, ramasse le 10 cents tombé par terre, dévisage right back son dénigreur et lui relance la pièce en lui répondant «Ben non, eille, garde-le pis va t’acheter du linge!»

***

Quand je lui ai demandé où il a bien pu prendre cette réplique, il m’a répondu : «ben quoi, c’est vrai qu’il était mal habillé…»

J’hésite entre lui expliquer combien fine peut être la ligne entre le sens de la répartie et l’insolence, et le laisser le découvrir par lui-même… Ensuite je me revois au même âge, et je me dis que j’aurais bien voulu, moi, avoir le même aplomb. Et puis, je doute qu’une remontrance de ma part puisse avoir bon effet, puisque j’ai éclaté de rire quand il me l’a raconté…

 Décidément, quand je fais un choix de gagne-pain, j’oublie toujours de consulter mon… aucune idée de ce que je devrais consulter, mais je devrais. En août, j’avais pris la décision de ne faire que de la pige et de me donner quelques mois pour voir si j’arrivais à en sortir un salaire décent. Je n’ai eu qu’à laisser le mot circuler un peu pour me retrouver avec suffisamment de travail pour me tenir occupée à temps plein – mais les délais de paiement en traduction étant ce qu’ils sont, je me retrouve, quelques mois plus tard, avec une somme respectable de recevables, encore beaucoup de travail et le point d’interrogation collé en permanence au-dessus du coco. La question qui le précède est «Avec qui vais-je bien communiquer cette semaine pour être payée?»

J’avais bien l’intention de tenir le coup encore quelques bonnes semaines, et je commençais à me dire que je pourrais peut-être envisager la possibilité de travailler à temps partiel, question d’avoir un revenu régulier, quand mon téléphone a sonné la fin de semaine dernière. Un employeur qui a déjà bénéficié de mes services mais qui a entre-temps changé de propriétaire, voulait m’offrir un poste. Similaire à celui que j’occupais, mais en mieux. Meilleures conditions, meilleur environnement, plus, plus, plus. Je suis allée les voir cette semaine, et j’ai accepté.

Je n’en dirai pas plus sur ma situation professionnelle.  La raison en est que ce blogue est de moins en moins anonyme (une photo dans le header, ça n’aide en rien la confidentialité) et que, pour l’avoir vu sur maints autres blogues, la vie professionnelle et la vie personnelle sont deux ingrédients qu’il n’est jamais convenable de mélanger. Qu’il suffise donc de dire que je reprends le collier déposé en septembre dernier, et que les circonstances dans lesquelles je le reprends ne pourraient être meilleures.  Je continuerai à faire de la pige, mais à moindre volume, parce qu’il y a encore l’université.

Voilà donc pour le bulletin de nouvelles sur ma situation professionnelle. De retour à notre programmation habituelle au prochain billet.

Lâcheté. Paresse. Faiblesse personnelle.  

Le ministère de la santé du Québec vient de lancer une première campagne de sensibilisation et d’information visant à combattre les préjugés sur la dépression.

J’ai vu une première publicité à la télévision cette semaine, qui montre un homme qui achète des fleurs pour un collègue en dépression mais qui lui reproche, dans la carte qui accompagne les fleurs, d’utiliser cette excuse pour avoir des vacances payées. Punché. Je présume qu’il y aura d’autres publicités, mais d’emblée, je réagis à cette initiative par un gros Bravo. Il était temps qu’on en parle, qu’on identifie les préjugés auxquels les personnes souffrant de dépression doivent faire face. Le site web consacré à cette campage est bien fait, clair et précis. Le questionnaire visant à évaluer notre perception de la dépression vaut la peine de prendre quelques minutes pour y répondre.

On y trouve aussi des références et un lien vers un questionnaire d’autoévaluation, parmi bien d’autres ressources. J’ai aussi mis tous ces liens vers cette page que j’avais écrite au début de l’année.

Pour le bien de ceux qui en souffrent, il faut en parler. Le ministre Couillard a déclaré, au lancement de la campagne, que «La recherche et les témoignages des personnes atteintes de dépression démontrent clairement que les préjugés constituent un frein important à leur rétablissement. Ces préjugés, qui associent la dépression à une faiblesse personnelle plutôt qu’à une maladie, contrecarrent les efforts des personnes touchées pour parler, s’informer, consulter, accepter le diagnostic et suivre les traitements nécessaires, tout en contribuant aux risques de rechute.»

Faites passer le message.

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