Le 8 novembre 2007

Madame L.D.
Cour municipale de Montréal
300, rue Notre-Dame
Montréal

Madame,

Vendredi dernier, je me suis présentée un peu avant l’heure du diner pour payer trois contraventions. Vous étiez au comptoir d’accueil et comme je n’avais pas mes numéros de dossier avec moi, vous avez effectué une recherche dans votre ordinateur. Ce qui suit reflète le dialogue qui a eu lieu et ne vise qu’à vous remettre en contexte.

Moi :     Je viens payer trois contraventions, dont je n’ai pas le numéro.
Vous :   Quel est votre nom et votre date de naissance s’il vous plaît?

Vous :   Oh!! Ça suspend votre permis!!! (Cette phrase a été dite avec un grand sourire et un ton plus haut que ce qu’une conversation normale requiert.)
Moi :     Il n’est pas encore suspendu.
Vous :   (Toujours avec votre sourire) Mais il va l’être!!!
Moi :     Non, il ne le sera pas, je vais payer…
Vous :   (en m’interrompant) Ah, vous allez payer les trois?
Moi :     (Toujours sur le ton de la conversation) Oui, c’est ce que j’ai dit il y a deux minutes.
Vous :   (en ébauchant le geste de me tendre le billet portant mon numéro dans la file d’attente) Ben là, calmez-vous, madame…
Moi :     (en tendant la main pour prendre ledit numéro) Mais je suis très calme, madame…

C’est de toute évidence une réponse qui ne vous a pas plu, car vous m’avez arraché le numéro de la main et m’avez donné le suivant, toujours avec votre sourire et en me souhaitant une « bonne » journée.

Ce que je tiens à vous dire, c’est que l’abus du pseudo-pouvoir que vous croyez détenir en agissant de la sorte ne fait que conforter votre interlocuteur dans l’opinion généralisée que se fait la population sur les employés de la Ville de Montréal (à l’effet que ces derniers aiment se payer la tête des gens et se fichent bien de l’image qu’ils donnent puisqu’ils sont payés et syndiqués de toute manière), est fondée. Personnellement je ne regrette aucunement le doigt d’honneur que je vous ai discrètement fait à ce moment et que je suis certaine que vous avez vu.

Cela dit, il y a une ou deux choses que je tiens à vous dire, que vous ne savez pas. Le numéro qui précédait celui que j’avais en main (donc celui que vous m’avez arraché de la main) ne m’a aucunement retardée, puisque personne ne s’est présenté au guichet quand il a été appelé. Ensuite, votre petite démonstration, si elle visait à ruiner ma journée, n’a nullement atteint son but, car c’est moi qui décide si oui ou non j’accepte d’être de mauvaise humeur simplement parce que vous êtes frustrée; croyez-le bien, je n’avais aucune intention de vous accorder ce plaisir.

C’est à mon tour maintenant de vous souhaiter une « bonne » journée, Madame, même si je sais que la simple idée que vous n’avez pas réussi à ruiner la mienne, vendredi dernier, vous décevra amèrement.

Veuillez ne pas agréer mes salutations respectueuses, car les gestes que vous posez démontrent flagrant un manque de respect envers les autres. À ce titre, vous ne méritez pas le mien.

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