Là il va falloir qu’on m’explique. Ici, Pauline Marois concède que la réforme scolaire est en partie un échec. Tout en admettant que « l’interdiction de redoubler qui a conduit plusieurs élèves à l’échec scolaire était une mauvaise idée », elle ajoute : «Je ne renierai pas ce que j’ai fait. Quand vous retournez au jour où ça été lancé, c’était pour savoir mieux lire, écrire et compter, c’était ça la réforme ».

Bon. Alors expliquez-moi, Madame « j’aspire-à-devenir-première-ministre », comment il se fait que cette réforme que vous refusez de voir comme une faillite complète, donne aujourd’hui des enfants de 5e année incapables de lire un mot écrit au tableau, parce qu’il n’y a pas d’image à côté ? Comment se fait-il qu’aucun élève n’ait appris à l’école le principe pourtant évident que le son « ffff » plus le son « a » font « fa »? Que « p » et « h » font « ffff »? Qui a eu l’idée débile qu’une image aiderait à apprendre à lire?

Comment se fait-il qu’un élève de 4e année qui apprend les divisions se fait coller un zéro s’il applique la méthode de ses parents pour arriver à un résultat juste au lieu d’appliquer la nouvelle méthode comportant un nombre insensé d’additions à faire dans une méthode que je qualifierais d’« essais et erreurs »?

« Mieux lire, écrire et compter », vraiment? Il est temps, Madame Marois, que vous sortiez un peu de votre château et que vous vous mêliez véritablement au monde… Trop facile de vous annoncer dans les écoles en période pré-élection; les directeurs font alors des pieds et des mains pour faire parader devant vous leurs meilleurs élèves et vous chanter une variante de « Tout va très bien, madame la Marquise »! Faites plutôt vos visites en arrivant comme un cheveu sur la soupe; posez vous-même des questions aux élèves, aléatoirement et sans demander au professeur de vous indiquer à qui demander. Écrivez au tableau et demandez aux élèves de lire à haute voix. Ensuite, visitez les polyvalentes. Faites le même exercice. Demandez à voir les dictées ou les travaux écrits des élèves, et comptez les fautes d’orthographe, de grammaire, de conjugaison, de syntaxe. Vous verrez à quel point elle a été efficace, votre réforme…

Faut croire que ma fibre sociale vibre un peu plus en période d’élections… Non pas qu’elle vibre moins le reste du temps, mais il y a davantage d’énormités qui se disent quand les candidats veulent notre vote et par conséquent nous prennent pour des valises en disant n’importe quoi…