décembre 2008


Juré, je n’ai pas eu le choix. Et tout a commencé par la faute d’Époux-stoufflant.

Il a eu la gastro, la fin de semaine d’avant Noël, le pauvre chéri… Coconut et moi avons donc pris toutes les précautions possibles, lavage de mains avant et après chaque passage à l’unique salle de bain de la maison, doses minimes de Pepto-Bismol prophylactiques, dodo à part… Après un répit de quelques jours où j’ai cru (ha-ha-ha!) à un épisode isolé dont nous nous étions sauvés, mon fils a manifesté des signes de contagion indiscutables. 24 heures d’inconfort plus tard, il était sur pied pour le réveillon chez Mini-mimi. Époux-stoufflant et moi étions attendus, comme à chaque année, dans sa famille. Je lui ai donc dit d’y aller en après-midi comme convenu, que je le rejoindrais après avoir reconduit Coconut. Mais. J’ai commencé à me sentir bizarre, pas tout à fait malade, pas de nausée, mais… J’ai alors choisi de rester à la maison, juste au cas.  Apparemment, j’ai bien fait.

Vers 10 heures du soir, ce fut le raz-de-marée gastrique. J’ai passé une nuit merdique (ce qui fut le cas de le dire), et la journée du 25 à faire l’aller-retour entre le canapé où je m’étais établie dès les premiers symptômes d’Époux-stoufflant et la salle de bains où… enfin, pas besoin de dessin. Étant invités dans MA famille pour le dîner du 25 comme à chaque année, j’ai fini par convaincre mes deux hommes d’y aller sans moi. Seule pour la journée, que me restait-il d’autre à faire, entre deux vomites?

Je le répète, je n’ai pas eu le choix.  J’ai passé ma journée de Noël avec le lieutenant Horatio Caine. Heureusement que j’ai les coffrets des trois quatre premières saisons…

Je me suis séparée du père de Coconut le début de 1997, juste après la période des Fêtes. J’ai donc vécu une année complète seule avec mon petit bonhomme avant de devoir affronter mon premier Noël « célibataire-à-nouveau » dans ma famille; celui-ci en fut un à la fois triste et rempli d’espoir, pour moi. Triste parce que personne n’aime être seul à Noël, mais en même temps, après avoir passé l’année à me bâtir un nouveau nid avec mon oisillon, entamé une thérapie post-punching bag, défait mes patterns amoureux, et reçu chez moi, pour un café occasionnel, l’ami de quelques années qui deviendrait un jour mon prince charmant, j’avais l’espoir que ma vie amoureuse n’était pas finie. J’avais aussi noué quelques nouvelles amitiés, notamment avec Johanne, une femme divorcée qui avait aussi vécu (et vivait encore) des choses difficiles avec son ex. En parler l’une avec l’autre nous permettait de ventiler et aussi de s’encourager l’une l’autre, dans nos affres mais aussi dans nos espoirs de refaire nos vies respectives. Elle m’écoutait aussi parler de comment je vivais mon nouveau célibat avec un enfant d’âge préscolaire et elle me partageait ses moments pas toujours heureux avec un fils nouvellement adulte et une adolescente qui avait préféré son père à sa mère et avec qui elle tentait tant bien que mal de refaire connaissance, de rebâtir une relation mère-fille pas trop difficile…

Petite parenthèse, ici : quiconque me connaît personnellement vous le dira : je suis une irrécupérable coquette. Les cosmétiques, la science des parfums qui conviennent à celle qui les porte, l’agencement des styles, des couleurs et des matières, sont pour moi des incontournables. J’aurais pu faire carrière dans le monde de la mode, mais je n’aime pas le bitchage comme mode de vie et puis, je ne sais pas dessiner. Bref. Cette année-là, j’avais découvert un parfum qui non seulement me convenait, mais pour lequel j’avais littéralement eu un coup de cœur instantané. Il était un peu cher pour mes moyens de mère monoparentale, mais je profitais de chaque fois où il était en spécial pour m’en procurer une bouteille que j’étirais au maximum.

Tout ça pour dire que cette année-là, la vie a continué comme elle le devait. Et l’hiver a de nouveau annoncé son arrivée, avec les fêtes de fin d’année auxquelles personne n’échappe. Coconut et moi avions été invités à passer le réveillon chez des amis, qui avaient choisi d’organiser une fête entre amis plutôt qu’en famille, notamment parce que leurs familles vivaient en Europe. Johanne était invitée aussi. Je lui ai offert d’y aller ensemble, mais elle avait décliné mon invitation parce qu’elle devait passer chercher sa fille avant le souper et qu’il lui restait une ou deux dernières petites courses à faire.

Nous nous sommes donc retrouvés chez nos amis et avons passé, ma foi, une soirée agréable. Rien d’extravagant, mais au moins je n’étais pas seule pour le réveillon. Souper, musique d’ambiance, jeux de société, minuit, souhaits échangés, et je décidai de quitter un peu avant une heure du matin, d’abord parce qu’un petit garçon de quatre ans, ça dort mieux dans son lit et puis j’étais attendue pour le repas de midi chez mes parents, le lendemain.

En arrivant chez moi, je vis un paquet dans ma boîte aux lettres. Pas une livraison des postes, non. Une boîte joliment emballée d’un papier irisé aux couleurs de Noël, enrubanné, avec une petite enveloppe glissée sous la boucle du ruban. Je suis allée déshabiller et mettre mon fils dans son lit, et je suis revenue à la porte pour prendre le paquet. Je l’ai contemplé un moment, en me demandant d’où, et de qui il venait. Sur l’enveloppe, c’était écrit : « Pour Nicole. » Aucune erreur possible, j’avais réellement reçu un cadeau de Noël inattendu. J’ai commencé par ouvrir le cadeau. Dans une belle boîte vert lime, une bouteille grand format de Vertige. Mon parfum. Les yeux embués, j’ai alors ouvert l’enveloppe tout en me demandant qui avait bien pu penser à moi avec une telle délicatesse…

Ma chère Nicole,
que ce Noël soit le premier d’une vie heureuse. Je te souhaite tout le bonheur que tu mérites.

Ton amie,
Johanne.

Je me suis mise à pleurer. Parce que grâce à Johanne, cette année-là j’ai ressenti, pour un moment magique, exactement ce que je ressentais le matin du 25 décembre, quand j’étais enfant. J’avais l’impression que le Père Noël était passé chez moi, pour moi. Oh, je savais bien qu’il n’existait pas et ce, depuis longtemps. Mais la magie de Noël, elle… Johanne me l’avait offerte.

Une décennie plus tard, j’y pense toujours. Le parfum Vertige n’existe plus, mais si je ferme les yeux et que je me remémore, j’arrive encore à ressentir l’émotion vécue. Et pour cette femme, pour ce Noël qui est à nos portes, j’ai envie de demander une chose au Père Noël :

S’il te plaît, ramène-lui sa fille

Ces derniers temps, quand elle sort de son mutisme pour revenir en ligne, c’est parce qu’elle a quelque chose d’important à communiquer.  Cette fois, c’est pour participer au rayonnement de la Guignolée du Web.

Et il se trouve qu’hier, j’ai mené à son étape finale une activité de dons de paniers de Noël organisée par mon employeur, et que je suis encore sur la vibe de la générosité… Quoique personnellement, j’ai envie de donner tout le temps parce que les pauvres le sont à l’année; sauf que quand arrive le temps des Fêtes, qu’on le veuille ou non, ça fait toujours plus mal… Aujourd’hui, je vis bien et nous ne manquons de rien à la maison. Mais il y eut un temps où j’ai bénéficié, moi aussi, d’un panier de Noël… Je sais ce que c’est.

C’est pourquoi je veux faire ma part.  Vous le pouvez aussi, et c’est très facile en plus.  Cliquez sur l’image qui apparait plus bas, et… écoutez votre coeur.

Donnez! Guignolée des médias sociaux et numériques

Ça fesse, hein?  Je vais trop loin, vous pensez?  Alors voilà :

La Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) a décrété que « les passages qui identifient les groupes en fonction d’un motif de distinction illicite (homosexuels, lesbiennes, chrétiens, Juifs et femmes non musulmanes)… » (provenant du livre de l’imam salafiste Abou Hammaad Sulaiman Dameus Al-Hayiti) « …ne semblent pas promouvoir la haine ni le mépris ».

Les extraits du livre en question se trouvent ici. Dans les plus grandes lignes (textuellement, fautes incluses et sans frais supplémentaires) :

  • Les homosexuels et les lesbiennes sèment le désordre et méritent d’être « anéantis dans cette vie »;
  • « Les homosexuels qu’on trouve en train de faire la sodomie, on coupe la tête de celui qui le fait et de celui qui le subit » (étrange, quand on sait que les musulmans sodomisent leurs filles/femmes non mariées pour que celles-ci demeurent « vierges » en vue de leur mariage…)
  • Les mécréants (non-croyants)  « vivent comme des bêtes (…) sont des gens pervers, qui adorent la perversité (sic), qui se disent ouvert d’esprit, mais en réalité ils n’ont ouvert leur esprit qu’aux ordures et à la saleté, et l’on fermé à tout ce qui est pureté et raison »;
  • Les « pauvres » femmes occidentales n’ont aucune féminité, dignité, honneur… elle sont impudiques et responsables de la propagation « des viols, des maladies vénériennes, du Sida, de l’herpès, des familles monoparentales, de la délinquance, de la pauvreté, de l’ignorance et tant d’autres »(rien de moins); par ailleurs « …les hommes mécréants ont uniquement voulu libérer les femmes pour des raisons économiques (pour avoir une main-d’oeuvre moins chère) et pour profiter d’elles sexuellement » (évidemment, chez eux, personne n’abuse des femmes… )
  • Les Juifs « répandent la corruption et le désordre sur la terre »; ils « ne recherchent que les intérêts matériaux et l’argent, à part cela ils n’ont rien »;
  • La démocratie est un système qui s’oppose totalement à l’Islam; « la liberté … est un principe qui est étranger et contraire à l’Islam et donc, par conséquent faux, qui ne sert d’excuse qu’à la corruption » et à « s’abaisser aux niveaux les plus bas de la bestialité »

Donc, puisque selon la CCDP, ce « discours » ne comporte rien de haineux et n’incite aucunement à la violence (vrai que… si on coupe la tête de quelqu’un, il n’y a aucune incitation à la violence – suffit de la lui couper en douceur; quant à l’anéantissement en cette vie des homosexuels, pourquoi ne pas ramener les chambres à gaz?  Hein? C’est pas violent, une chambre à gaz…),  je réclame la même impunité.  Si cet imbécileam peut déclarer de telles choses sans même qu’on ne lui tape sur les doigts, alors moi j’affirme que lui et ses semblables qui répandent de telles sornettes énormités devraient être muselés.

Je fais partie d’un groupe visé (femme occidentale, libre et fière de l’être) et je considère que le droit d’expression qui existe chez nous me permet de rétorquer. On verra bien si la CCDP est cohérente… entre-temps, j’attends vos tomates.

 

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Ah, au fait… avant qu’on ne publie une fatwa contre moi, sachez que je suis suffisamment intelligente pour ne pas mettre tout le monde dans le même panier; je sais très bien qu’il existe des musulmans raisonnables . Ce texte ne vise aucun d’entre ceux-là.

Parmi les trois beaux rejetons que ma soeur a faits, sa petite dernière, qui a maintenant quatre ans, est celle qui me fait le plus penser à Coconut, au même âge. Comme lui, elle parle franc depuis bien avant avant ses deux ans et elle a ce don de vouloir tout comprendre et de sortir les trucs les plus incroyables. Parmi les plus récents :

Maman, à la garderie aujourd’hui, j’ai dit à Charles-David que deux plus deux, ça fait quatre. Lui, il dit que non, ça fait cinq.  Il ne va pas être bon à la maternelle, lui!

Tante Nickiie, je sais compter jusqu’à 28. Mais je ne veux pas te le montrer parce que si je dis les chiffres, ils vont sortir mais ensuite ils ne sauront pas comment revenir dans ma tête.

Ses plans pour l’avenir sont : avoir deux enfants, un garçon et une fille; elle ne sait pas comment le garçon s’appellera, mais la fille portera le même prénom qu’elle, car elle, elle va prendre un prénom d’adulte. Elle aimerait beaucoup être astronaute mais elle n’est pas certaine, parce qu’elle a peur de ne pas pouvoir revenir sur Terre; alors peut-être qu’elle sera professeur, après tout. Et elle veut avoir beaucoup d’argent, pour construire un château derrière la maison, pour que tous ceux qu’elle aime (Papa, Maman, Grand Frère, Grande Soeur, Tante Nicole, Mamie, Papy…) viennent vivre dedans.

Est-ce bien utile de dire que… je l’adore?

À l’émission Tout le monde en parle de dimanche du trente novembre dernier, léger malaise sur le plateau, causé par le lutteur Jacques Rougeau qui a dit à Victor Lévy-Beaulieu de « changer sa manière de parler et de se raser ».  Richard Therrien, de La Presse en parle ici. Je vous suggère d’ailleurs d’aller lire son billet pour avoir tout le contexte, pour ceux qui n’auraient pas regardé l’émission.

Personnellement, j’ai lu quelques oeuvres de VLB et regardé quelques épisodes de ses téléromans (merci ARTV), qui m’ont laissée tiède. Je comprends pourquoi il a eu le succès qu’il a eu, mais moi, les histoires qui tournent souvent autour de l’inceste et la sur-utilisation des expressions colorées de Trois-Pistoles, surtout par des comédiens dont il est clair qu’ils se forcent pour imiter l’accent du bas du fleuve… bof.  Mais même si ce qu’il écrit ne me fait pas vibrer, personne ne me fera jamais dire que le bonhomme n’est pas entier, lui-même, engagé, authentique et assumé; d’ailleurs la réponse qu’il a faite à Jacques Rougeau le prouve.  Et juste ça, ça force le respect, ou du moins ça devrait. Ce qu’on fait, c’est une chose, ce qu’on est en est une autre.

Quand je lis un blogue ou juste un billet sur un blogue, qu’il soit écrit par un journaliste ou par monsieur ou madame Tout-le-monde, j’aime lire les commentaires.  C’est aussi distrayant, voire instructif, que le billet même. Suite au billet de Richard Therrien auquel je fais référence, un commentateur (almartin83), a écrit ceci :

VLB a bien géré la flèche inattendue de Rougeau en lui répondant diplomatement. On est loin de Christian Mistral ou autre personne qui aurait fulminé. Pour cela je félicite VLB, même en étant bouillant de nature il a su garder son calme. Il y a eu un petit malaise en studio mais j’ai aimé cette réplique.

C’est à ça que je veux réagir. Oui, Mistral est flamboyant, et non, il ne mâche pas ses mots. Mais c’est quoi le rapport?  On parlait de VLB, là, pas de Mistral. La remarque avait pour but de souligner l’attitude gagnante de VLB ou bien c’était juste un prétexte pour éclabousser Mistral parce qu’il ne l’aime (probablement) pas? Puis-je quand même mentionner ici que lorsque Mistral a été invité à TLMEP, il a été authentiquement lui-même (je sais, c’est un pléonasme) lui aussi, qu’il s’est fait poser des questions qui auraient pu le faire sortir de ses gonds et qu’il ne l’a pas fait? C’est quoi, cette manie qu’on a tous à vouloir bitcher à la première occasion et quand l’occasion ne se présente pas, de la créer?

C’est vrai que j’aime Mistral. Malgré la réputation qu’on tient à lui faire, malgré l’image de bad boy qu’on lui accole souvent. Est-il vraiment un si mauvais garçon? Peut-être, peut-être pas; je ne connais de lui que le personnage public et ce qu’il veut bien révéler de sa personne quand il écrit. Mais il se tient debout pour ce en quoi il croit, quand il manque de tact ou d’élégance il l’assume totalement – heck, parfois il l’annonce d’avance. Et je dois le reconnaître, je suis jalouse du talent qu’il a de manier le verbe avec autant d’adresse, même quand c’est pour envoyer chier. J’aurais probablement réagi de la même manière au commentaire de m’sieur chose s’il avait visé quelqu’un d’autre, mais bon. Pour moi, Mistral, c’est Mistral.

C’est pour ça que son Scrapbook s’en va dans mon blogroll. Il était temps que je le fasse.

Pour la première fois en… je ne sais plus combien de temps, j’ai dormi, pendant sept heures au cours desquelles mon cerveau s’est mis en mode shut-off. 

Le pneumologue me l’avait bien dit, que verrais une différence tout de suite, mais sincèrement, j’y croyais plus ou moins. Sauf que ce matin, après avoir éteint la sonnerie du réveil, j’ai fait comme d’habitude et j’ai reposé ma tête sur mon oreiller pour « juste quelques minutes de plus, » et puis… j’ai réalisé que je n’avais plus sommeil. Bien réveillée.

Le véritable test était cependant à venir.  C’est sur la route entre chez-moi et Montréal pour me rendre au travail que verrais vraiment si j’étais plus reposée. Et en effet, je n’ai pas eu à combattre pour garder les yeux ouverts! J’ai conduit sans inquiétude, sans être dangereuse, comme cela devrait toujours être le cas. Plus besoin de garder la température de l’habitacle au froid pour demeurer réveillée. C’est dire à quel point ça compte! J’ose à peine imaginer ce que ce sera, quand mon niveau d’énergie remontera à son niveau normal…

Mille neuf cent-quelques dollars bien investis. Ma santé et la vie des autres, ça n’a pas de prix.