Il y a un type totalement irrévérencieux dans la blogosphère, qui alimente un blogue qui tourne autour de son quotidien tout en crachant son mépris de tout ce qui n’est pas directement lié à ses besoins, sa personne ou ses standards, qui affirme haut et fort dans un de ses billets qu’il n’a que faire de l’opinion des autres. Je le linkerais bien, mais ça ne me tente pas. 

Je reconnais pourtant qu’il sait fort bien manier le clavier et enchaîner les mots pour pondre des textes de très bonne qualité, malgré l’aspect sordide de son propos. Et c’est pour ça que je l’avais mis dans mes favoris, étape avant celle qui mène à mon blogroll.  Ce type parle, dans ses deux derniers billets, de son aversion bien nette pour les grosses.  Jusque-là, fine, tout le monde a ses goûts et il en faut pour tous.  Je persiste et signe, ce n’est pas parce que MOI je suis grosse que je vais trouver injuste que les gars qui aiment les minces à gros rack avec un cul de poupée Barbie le disent, et je trouve même ça correct qu’ils aillent jusqu’à affirmer que les grosses ne les font pas bander. Ça ne me choque même pas – pour preuve, tout est là.

Et je suis même capable de trouver drôles certaines allusions de la part de BBW-dislikers notoires, comme lui ou encore lui. ‘Sont capables de faire preuve de respect de la personne (même en étant baveux ou crûment direct) et de faire la part des choses; en tout cas, c’est le sentiment que j’en ai.   

Mais revenons à la vedette de ce billet : quand il dit avoir complètement abaissé ses critères de sélection parce que totalement en manque de peau et complètement bourré, et que le lendemain il affirme avoir « baisé une tabarnac de grosse torche »; qu’il en rajoute le lendemain en qualifiant les grosses femmes « d’immondes lipideuses »; qu’un de ces commenteux sous-entend que sa dignité doit avoir chuté au plus bas pour simplement avoir osé coucher avec une grosse… là je réagis. Parce que c’est précisément le genre de commentaires qui entretient les préjugés, qui fait que les grosses finissent par ne plus prendre soin d’elles et se ramassent en leggings-et-coton-ouaté parce que « ça donne rien anyways », et parce que j’ai décidé de faire de la défense de la beauté des rondes ma croisade personnelle.

Ah pis, fuck.  Allez le lire, cet édifiant billet, et les commentaires qui s’ensuivent.  

C’est fait?  Bon. Alors voilà : pour un bonhomme qui dit se ficher de l’opinion des autres, je trouve personnellement qu’il manque de cohérence. Parce qu’il modère ses commentaires, voyez?  Et j’ai réagi à ce billet-là ce matin, et mon com. est toujours en attente d’être modéré. Ce qui pour moi semble signifier qu’il ne souhaite pas qu’on lise quelque chose qui vient le critiquer; ce que ça me dit, c’est que comme bien d’autres, il ne laisse passer que les commentaires qui le flattent dans le sens du poil.  C’est son blogue, il fait ce qu’il veut. Mais ici, c’est le mien et j’en fais tout autant. Voici donc ce que je lui ai répondu (et je le publie ici parce que ça mérite trop une réplique) :

Ce qu’il ne faut pas lire… Oops, je te lis depuis un moment, et j’aime ton écriture. Je comprends que chacun puisse avoir ses goûts et préférer les échalottes aux zucchinis. C’est tout à fait normal. Mais quand je lis dans les commentaires que ton « niveau de dignité » puisse être tombé au plus bas, juste pour avoir couché avec une grosse… Est-ce que ça veut dire que tous ceux qui aiment ça, eux, à l’inverse d’un gars, sont des immondes déchets sans dignité qu’on doit absolument faire feeler comme tels? Et celles qui ont la chance d’avoir une vie sexuelle épanouie, avec des hommes qui les respectent, ça en fait quoi? Personnellement, c’est la dernière phrase de ton billet qui écorche (et je sais que tu t’en fous, c’est pourquoi je me permets de te l’écrire – tu n’en feras aucun cas).

Tu vois, je suis grosse, mais je suis ni une tabarnak ni une torche. Et lire ce genre de mots ne fait qu’ajouter à mon envie de lâcher ma diète et rester grosse, juste pour écoeurer ceux qui alimentent les stéréotypes…

Et à tous les autres je dis : I may be fat, but you’re ugly. And I can loose the weight.

J’ajouterais ceci : et la laideur, elle n’est pas toujours physique.

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