C’est arrivé dans la nuit de samedi à dimanche, aux petites heures. Un accident effroyable, tragique, et d’une tristesse infinie.

C’est arrivé dans ma cour, ou presque : dans ma ville, sur le chemin qui longe cette magnifique rivière que j’aime tant.

C’est arrivé bêtement, comme arrivent tous les accidents.

C’est surtout arrivé alors que ça n’aurait jamais dû arriver.

Douze adolescents. Deux presqu’adultes au sens de la loi, qui s’imaginaient peut-être qu’à 3 heures du mat, tout le monde dort et la route appartient à ceux qui sont encore debout.  Que quand tout le monde dort, les lois dorment aussi. Quand j’ai entendu que le véhicule qui a fait l’embardée transportait sept jeunes, j’ai pensé à une camionnette.  J’ai mis plusieurs minutes à y croire quand j’ai vu qu’il s’agissait d’une Rio de KIA.  Une sous-compacte, bon sang!!!  Y a-t-il quelqu’un quelque part qui pourrait me dire ce que faisait une enfant de 14 ans dans le coffre arrière d’une sous-compacte??? Sur sept, n’y en avait-il pas un seul qui a pensé que c’était illégal? Dangereux? Inacceptable?

Effet grégaire? Peer pressure? Orgueil mal placé face à un défi lancé? Manque de jugeotte? Toutes ces réponses?

Je suis la mère d’un ado et au moment où j’écris ceci, je n’ose même pas m’imaginer dans les bottines de la maman de Marie-Pier Paquette, la jeune fille dont la vie a été fauchée beaucoup, beaucoup trop tôt. Je n’ose pas parce que même sans cela, mon coeur a mal, terriblement, atrocement mal. Je sais qu’elle en a pour le reste de sa vie à s’en remettre, et à cette minute même, j’ai mal pour elle, avec elle.

Quelle bêtitude, mon Dieu…

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