Je me demande…


Eh oui. Cette fois c’est moi qui se demande.  J’ai encore tellement envie de dire des choses, et quand j’arrive devant l’écran… elles brillent par leur absence et je tombe en panne d’inspiration.

Il y a aussi cette grande période de ménage qui s’est enclenchée un peu à mon insu dans ma vie, et qui  m’est arrivée en pleine face cette semaine, par le biais de ma petite voix intérieure :

Eille la grande, tu donnes, tu donnes et tu donnes encore. Sans jamais compter et sans jamais attendre. Mais des fois, t’aimerais pas ça, que quelqu’un l’ait vu? Ça te tenterait pas, une p’tite validation ou des fois juste une remarque? Tu t’es pété la yeule solide cette semaine, qui s’est porté à ton aide? (… bruit de criquets …) Ben ça que j’pensais. Pis ton blogue lui? Là aussi, tu donnes toujours, au fond. Tu leur écris, tu leur donnes ce qui prend naissance dans ta tête, tu les fais sourire, des fois pleurer, t’essaies d’écorcher personne… Tes stats te disent que t’as des visites mais… tu seras jamais un grand blog. Je sais, je sais, t’as jamais voulu ça non plus, mais… Mais. Avoue-le donc, que t’aimerais ça, des fois, qu’on te reconnaisse pour ça aussi. Juste des fois. C’est humain de le penser, de le vouloir, pis de l’admettre, tsé. Là, t’écris ce que je te dicte, pis tu l’écris comme on parle. Fuck la grammaire. Ça te fait pas suer, pareil, de savoir que des blogues qui comptent plus de fautes que le tien reçoivent parfois une mention pour la « qualité de la langue »? Dis pas non, j’suis dans ta tête. Tout ce que tu penses, je le sais. Même ces pensées que tu essaies d’éliminer aussitôt formées. Essaie même pas. Fait que… pourquoi t’arrêterais pas tout ça, une bonne fois pour toutes, hein?  Pour ne pas être oubliée? Ma pauv’ chouette, une fois l’écran fermé, t’es oubliée anyways. Désolée de péter ta balloune, mais c’est d’même. Fait que, arrête donc tout ça…. Pourquoi tu continuerais?

J’ai remis mes écouteurs dans mes oreilles et j’ai commencé une nouvelle dictée, faite par un médecin, celle-là, réellement audible. Et j’ai essayé de la faire taire, cette voix, qui me commande une réponse : Pourquoi t’arrêtes pas tout? 

En effet, pourquoi?  J’ai à la fois envie de continuer et envie de tout arrêter. Et je réfléchis. C’est le pourquoi de mon silence des deux dernières semaines.

Je n’ai pas encore trouvé de réponse…

Ajout : je sais que ce billet n’a aucune cohérence avec celui qui le précède.  Je sais. Mais c’est d’même que ça se passe, entre mes deux oreilles, en ce moment…

Mon mandat de travail actuel tire à sa fin. Comme Époux-Stouflant a rejoint la masse des chômeurs, il est clair que je dois absolument trouver un autre emploi le plus vite possible de manière à terminer à un endroit et commencer à un autre la semaine suivante. J’ai donc déjà commencé à faire de la recherche active parce que deux mois pour trouver un emploi intéressant, ce n’est pas trop tôt. Point positif, il semble que mon curriculum vitae soit « winner », parce qu’en quatre offres de services envoyées, j’ai été convoquée à une entrevue pour trois des postes affichés. Et c’est la que les maux de tête commencent…

Le premier poste comprend une description de tâches complètement différente de ce que j’ai fait à ce jour, mais on pense manifestement que je suis en mesure de faire le travail. Ce poste implique des voyages aux États-Unis et dans l’Ouest canadien, à raison de 7 à 11 fois par année.

Le deuxième poste est exactement ce que je fais actuellement, mais pour une entreprise d’envergure, au rayonnement international, solidement établie dans le milieu culturel et artistique au Québec. Les proches qui savent de quelle entreprise il s’agit m’ont tous dit « Woaw, ça serait cool! J’te vois bien là, moi! »

Le troisième poste est un peu plus low profile, mais tout aussi intéressant – adjointe administrative, toujours, pour une firme d’ingénieurs sur la Rive-Sud. Pas de pont à traverser.

J’ai encore toutes mes chances pour le poste 1. J’ai eu une 2e entrevue pour le poste 2. Je suis conviée à une première entrevue pour le poste 3.

À supposer que mes chances soient assurées aux trois endroits… c’est là que le questionnement se complique. Les voyages, les artistes, ou les ingénieurs?

L’œuf ou l’enveloppe?

Est-ce que c’est moi qui suis à côté de la track, ou bien Madame James a viré son capot de bord? Parce que la semaine dernière, il n’était plus question d’obliger les immigrants à apprendre le français, et ce matin, on nous annonce qu’ils devront, avant même d’arriver au Québec, « signer une déclaration démontrant qu’ils comprennent les valeurs du Québec, une société libre et démocratique où les hommes et les femmes ont les mêmes droits et où le français est la langue officielle » en plus de devoir commencer à apprendre le français AVANT de quitter leur pays.

Remarque, je trouve que c’est une très bonne nouvelle. Mais pour finir, ne valait-il pas mieux commencer par cette mesure, plutôt que d’avoir l’air de vouloir sauver la face en l’adoptant? 

Et question à 100 $ : est-ce que ça aurait un quelconque rapport avec la tenue possible d’élections en décembre?

AJOUT : On nous promettait de plus amples détails… L’article est ici. Pas grand-chose de plus, si ce n’est qu’on nous dit que « les immigrants devront suivre une séance d’information sur les valeurs communes du Québec » et que, selon Yolande James, « l’immigration n’est pas un droit, mais un privilège (…) il faut informer les immigrants sur les valeurs du Québec pour qu’ils puissent faire un choix éclairé avant de venir s’installer ici; (…) si la personne ne veut pas signer et s’engager (à respecter les valeurs du Québec), elle ne pourra pas venir. » Et juste comme on s’apprête à croire que, peut-être, cette mesure pourrait être une excellente chose, on a une magistrale leçon sur l’art de se tirer dans le pied; la conclusion de l’article se lit comme ceci : « En cas de bris de contrat, l’immigrant ne pourra cependant pas être renvoyé dans son pays d’origine puisque aucune coercition ne sera exercée. » 

C’était trop beau. Madame James, n’oubliez pas de le mentionner aux candidats à l’immigration, surtout. Comme ça, ils accepteront de signer un engagement factice qui n’a pour objectif que de contenter messieurs Bouchard et Taylor en leur montrant qu’on peut dépenser des sous et gaspiller du papier afin de recueillir des signatures qui, en fin de compte, ne vaudront même pas le papier sur lequel elles seront apposées…