Pas fort!


C’est arrivé dans la nuit de samedi à dimanche, aux petites heures. Un accident effroyable, tragique, et d’une tristesse infinie.

C’est arrivé dans ma cour, ou presque : dans ma ville, sur le chemin qui longe cette magnifique rivière que j’aime tant.

C’est arrivé bêtement, comme arrivent tous les accidents.

C’est surtout arrivé alors que ça n’aurait jamais dû arriver.

Douze adolescents. Deux presqu’adultes au sens de la loi, qui s’imaginaient peut-être qu’à 3 heures du mat, tout le monde dort et la route appartient à ceux qui sont encore debout.  Que quand tout le monde dort, les lois dorment aussi. Quand j’ai entendu que le véhicule qui a fait l’embardée transportait sept jeunes, j’ai pensé à une camionnette.  J’ai mis plusieurs minutes à y croire quand j’ai vu qu’il s’agissait d’une Rio de KIA.  Une sous-compacte, bon sang!!!  Y a-t-il quelqu’un quelque part qui pourrait me dire ce que faisait une enfant de 14 ans dans le coffre arrière d’une sous-compacte??? Sur sept, n’y en avait-il pas un seul qui a pensé que c’était illégal? Dangereux? Inacceptable?

Effet grégaire? Peer pressure? Orgueil mal placé face à un défi lancé? Manque de jugeotte? Toutes ces réponses?

Je suis la mère d’un ado et au moment où j’écris ceci, je n’ose même pas m’imaginer dans les bottines de la maman de Marie-Pier Paquette, la jeune fille dont la vie a été fauchée beaucoup, beaucoup trop tôt. Je n’ose pas parce que même sans cela, mon coeur a mal, terriblement, atrocement mal. Je sais qu’elle en a pour le reste de sa vie à s’en remettre, et à cette minute même, j’ai mal pour elle, avec elle.

Quelle bêtitude, mon Dieu…

En lisant à droite et à gauche, ce que je comprends, c’est que personne n’aime les chicanes. Surtout pas celles qui se passent sur le Net. Oh, non. C’est pas beau, la chicane.  Si je comprends bien, quand on blogue, il est mal vu de :

– basher sur les autres blogueurs (je suis d’accord)
– émettre en commentaire chez un autre blogueur une opinion qui pourrait soulever une controverse, sous peine d’être accusé de « participer à un party de commentaire », se faire dire qu’on est émotif, qu’on prend trop les choses à coeur, qu’on n’a pas de vie, qu’on est pathétique, complexé, dépressif (!?) qu’on a un gros égo, qu’on manque d’attention, qu’on a l’air dangeureux…
– écrire : émotif, prendre les choses à coeur, pas de vie, pathétique, complexé, dépressif, gros égo, manque d’attention, lis autre chose si t’es pas content, trop sérieux…
– écrire un billet relié à une situation qui s’est produite chez un autre blogueur, parce que ça aurait l’air d’alimenter la chicane
– prendre la défense de qui que ce soit, si on ne veut pas se faire dire qu’on fait automatiquement partie de son « fan-club »
– expliquer ses motivations, de toute manière ça va passer dans le beurre, le monde ne comprend que ce qu’il veut bien comprendre.

J’ai quand même une question pour tous ces bien-pensants qui se targent de détenir LA vérité : si personne n’aime ça, la controverse, comment ça se fait que mes stats ont explosé, depuis deux jours? Et que mon billet d’hier cumule à lui seul plus de visites que je n’en ai normalement en une semaine?

Le seul mot qui me vient en tête, là, c’est : hypocrisie. Je n’ai pas peur de le dire. Et mon ramasse-tomates n’est jamais loin, pour ceux qui ont envie de se laisser aller.

NDLB : J’ai écrit ce texte, la tête complètement froide. Il s’agit d’une constatation (finale) et non d’une réponse à qui ce ce soit, où que ce soit.

Le chauffe-eau qui rend l’âme, c’est un truc dont n’importe qui peut se passer.  Ramasser l’eau qui s’est répandue à la quasi-grandeur du plancher du sous-sol itou.

Mais quand ça t’arrive alors que t’es au chômage et ton mari aussi, ça fait monter d’une coche le facteur « ça fait suer ». Hier, on a magasiné des chauffe-eau et des installateurs. Il a évidemment fallu aussi faire une croix sur toute utilisation d’eau chaude jusqu’à l’installation, ce matin. Et c’est là que Murphy s’est pointé le bout du nez.

J’ai commencé mes règles hier.

Stie.

C’est clair?  Pas potelée, pas rondelette, pas grasse ni grassette, pas enveloppée non plus. G-R-O-S-S-E. Grosse.

J’en ai parlé à quelques reprises ici, ici et ici, et j’en parle aussi en commentaire ailleurs, quand c’est approprié de le faire. Ce que je m’apprête à dire maintenant, si c’est chez vous que je l’ai laissé en commentaire, si vous trouvez que je radote ou si ça vous tape sur les nerfs, il y a un petit X rouge dans le coin, en haut, à droite; cliquez dessus.

Bon. là on va régler quelque chose, une bonne fois pour toutes. Il y a plusieurs années, la société nous entrait dans la tête, à tout le monde, que pour être beau, il fallait être mince. C’était tellement fort, comme mentalité, que les grosses ne pouvaient pas trouver de beaux vêtements et étaient condamnées aux leggings et aux cotons ouatés si elles n’avaient pas le talent qu’il faut pour coudre elles-mêmes leurs vêtements. Faut croire que la pression sociale n’a pas été un motivateur ben ben fort, parce que l’embonpoint et l’obésité ont continué à gagner du terrain. Pour toutes sortes de raisons. C’est là que quelqu’un, quelque part, s’est rendu compte qu’il y avait une piastre à faire là, parce qu’au début des années 90 on a vu se multiplier les Intuition 14+, Claire-France, Pennington, Addition-Elle. La chaîne Reitmans a incorporé la gamme Encore, Sears ont ajouté l’étiquette Image et ainsi de suite, maintenant on trouve même des designers comme Joseph Ribkoff ou Peter Nigård qui font des vêtements en taille plus.  Les BBW ne sont désormais plus condamnées à avoir l’air d’un rôti de palette ou bien de s’affubler de trucs comme ceux-là.

Parallèlement, une nouvelle tendance de l’industrie de la santé parle désormais d’IMC plutôt que de ratio taille-poids, et on a vu naître des campagnes publicitaires positives comme l’Initiative Vraie Beauté de Dove, qui veut que les petites filles comprennent qu’on peut être belle sans se sentir obligée d’entrer dans un pattern tout fait.  Prenez votre dictionnaire des synonymes, et cherchez le mot « laid ». S’il y en a un seul qui trouve « gros, obèse, embonpoint », ou ou quoi que ce soit d’autre qui soit relatif au poids physique, je vous jure que je suis prête à manger ma chemise (sans gras trans).  ON N’EST PAS FORCÉMENT LAIDES PARCE QU’ON EST GROSSES! J’en connais qui sont foutrement laids et laides et qui pourant sont minces. La fille qui est laide ET grosse, ben croyez-moi, elle va rester laide si elle maigrit.

Je ne suis pas en train de faire l’apologie de l’obésité et du surplus de poids.  J’ai pleinement conscience que ça présente un risque pour la santé et je suis bien contente que les médias et la société misent enfin sur l’aspect santé du poids plutôt que sur l’aspect normes de beauté. Et je suis franchement d’accord avec tout ceci; je le sais bien, que ma santé est plus à risque au poids que je fais que si je pesais 125 toute nue les cheveux mouillés.  Le jour où j’aurai perdu le poids que je dois perdre, je l’aurai fait en pensant à ma santé, uniquement. 

Et je ne viendrai pas vous raconter ici tout ce qui a fait en sorte que je sois grosse aujourd’hui. Ça vous ferait du bien, cela dit, d’apprendre qu’il y a des milliers de raisons à l’obésité, mais ça vous obligerait à abandonner vos maudits préjugés et vous m’en voudriez.  Vous ne savez pas par où je suis passée, ni ce que j’ai vécu, et si je ne l’ai pas encore écrit ici, c’est juste moi que ça regarde. Je suis grosse, je sais pourquoi et je vais faire ce qu’il faut, mais seulement quand moi j’aurai décidé, pour ma santé à moi et non pour plaire à qui que ce soit. En attendant, j’en ai plus que plein mon cul de lire des méchancetés gratuites sur notre compte. Comme dans les threads de commentaires à ce billet-là ou celui-là.  Et ceux qui viendront me dire que je réagis mal parce que je n’ai pas d’humour, allez donc lire un autre thread de commentaires par là, relisez mes propres billets – ceux que j’ai mis en lien plus tôt – et essayez ensuite de me resservir le même argument. Vous risquerez de vous faire dire d’aller vous faire cuire un oeuf (bourré de cholestérol).  Je suis la première à faire des jokes de grosse, et souvent, JE suis ma propre cible. Et si ça fait rire les autres, c’est parce qu’ils le savent bien, que je suis bien dans ma peau. J’ai un mari, une famille, des amis. Ma vie sexuelle est épanouie, ne vous en déplaise, et si elle ne l’était pas, j’aurais l’embarras du choix pour y pallier, parce que je me fais davantage «cruiser» (en pleine rue, oui, oui) depuis que je suis plus grosse. Mais je me contente d’en être flattée.

On le sait toutes, que les gars dont le blog se trouve dans la blogliste des filles les plus hot de la blogosphère préfèrent les culs racing et les grosses boules (tiens, ici on aime ça, la grosseur, hein??), à condition que la porteuses des boules en question n’ait même pas l’ombre d’un pli sur la peau du ventre quand elle s’asseoit. Good on you. C’est votre droit le plus strict, que je respecte sans aucune amertume ni pointe de jalousie parce que moi, je suis heureuse là où je suis, comme je suis, avec qui je suis. Mais avez-vous songé un seul instant que c’est pas le cas de tout le monde? Qu’une grosse qui croit encore qu’elle est maudite et qu’elle finira ses jours seule avec 14 chats dans son 3 1/2 parce qu’il n’y a pas un gars qui voudra d’elle pourrait juste avoir envie de brailler, à lire ces commentaires-là? Que le gars qui aime vraiment les femmes qui ont de la poigne mais qui a du mal à l’assumer parce que ses chums vont rire de lui risque juste de continuer à sortir avec des filles minces même s’il n’aime pas ça parce qu’il ne veut pas faire rire de lui? Avez-vous seulement songé que vous n’êtes pas drôles, juste blessants? J’ai de l’humour et je suis capable de rire des jokes de grosses, quand elle sont drôles, heck, j’en fais moi-même. Mais je sais faire la différence entre la drôlerie et la méchanceté.

Je suis grosse. Mais je ne suis PAS laide. J’aime les beaux vêtements, je me maquille, je vais chez ma coiffeuse 10 fois par année et je prends soin de moi et de mon apparence. J’ai une craque de seins qui attire les regards et je ne me gêne pas pour la mettre en évidence. Et je n’en ai rien à cirer que certains soient mal à l’aise avec ça. Vos jokes plates mettent les grosses mal à l’aise depuis bien plus longtemps et personne ne vous l’avait jamais dit avant aujourd’hui. Il était temps que quelqu’un le fasse.

Au fait, saviez-vous qu’une personne obèse qui s’est battue toute sa vie contre ses problèmes de poids pourrait vous en remontrer sur le sujet de la nutrition?  Que toutes proportions gardées, un gros a pas mal plus d’endurance que vous et probablement plus de force aussi? Que le jour où il ou elle arrivera à perdre son surplus de poids, il ou elle sera à risque de tout reprendre, parce que ses cellules adipeuses ne demanderont qu’à reprendre du service et ce, pour le reste de ses jours? Que certains gros le sont à cause d’une dépendance aussi difficile à vaincre que la cigarette, l’alcool, le jeu ou la drogue? La seule différence, pour les gros, c’est que ça se voit tout de suite.

Pensez-donc à ça, la prochaine fois que vous aurez envie de rire des gros juste parce que leur différence vous confronte dans votre malaise.

Ça fesse, hein?  Je vais trop loin, vous pensez?  Alors voilà :

La Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) a décrété que « les passages qui identifient les groupes en fonction d’un motif de distinction illicite (homosexuels, lesbiennes, chrétiens, Juifs et femmes non musulmanes)… » (provenant du livre de l’imam salafiste Abou Hammaad Sulaiman Dameus Al-Hayiti) « …ne semblent pas promouvoir la haine ni le mépris ».

Les extraits du livre en question se trouvent ici. Dans les plus grandes lignes (textuellement, fautes incluses et sans frais supplémentaires) :

  • Les homosexuels et les lesbiennes sèment le désordre et méritent d’être « anéantis dans cette vie »;
  • « Les homosexuels qu’on trouve en train de faire la sodomie, on coupe la tête de celui qui le fait et de celui qui le subit » (étrange, quand on sait que les musulmans sodomisent leurs filles/femmes non mariées pour que celles-ci demeurent « vierges » en vue de leur mariage…)
  • Les mécréants (non-croyants)  « vivent comme des bêtes (…) sont des gens pervers, qui adorent la perversité (sic), qui se disent ouvert d’esprit, mais en réalité ils n’ont ouvert leur esprit qu’aux ordures et à la saleté, et l’on fermé à tout ce qui est pureté et raison »;
  • Les « pauvres » femmes occidentales n’ont aucune féminité, dignité, honneur… elle sont impudiques et responsables de la propagation « des viols, des maladies vénériennes, du Sida, de l’herpès, des familles monoparentales, de la délinquance, de la pauvreté, de l’ignorance et tant d’autres »(rien de moins); par ailleurs « …les hommes mécréants ont uniquement voulu libérer les femmes pour des raisons économiques (pour avoir une main-d’oeuvre moins chère) et pour profiter d’elles sexuellement » (évidemment, chez eux, personne n’abuse des femmes… )
  • Les Juifs « répandent la corruption et le désordre sur la terre »; ils « ne recherchent que les intérêts matériaux et l’argent, à part cela ils n’ont rien »;
  • La démocratie est un système qui s’oppose totalement à l’Islam; « la liberté … est un principe qui est étranger et contraire à l’Islam et donc, par conséquent faux, qui ne sert d’excuse qu’à la corruption » et à « s’abaisser aux niveaux les plus bas de la bestialité »

Donc, puisque selon la CCDP, ce « discours » ne comporte rien de haineux et n’incite aucunement à la violence (vrai que… si on coupe la tête de quelqu’un, il n’y a aucune incitation à la violence – suffit de la lui couper en douceur; quant à l’anéantissement en cette vie des homosexuels, pourquoi ne pas ramener les chambres à gaz?  Hein? C’est pas violent, une chambre à gaz…),  je réclame la même impunité.  Si cet imbécileam peut déclarer de telles choses sans même qu’on ne lui tape sur les doigts, alors moi j’affirme que lui et ses semblables qui répandent de telles sornettes énormités devraient être muselés.

Je fais partie d’un groupe visé (femme occidentale, libre et fière de l’être) et je considère que le droit d’expression qui existe chez nous me permet de rétorquer. On verra bien si la CCDP est cohérente… entre-temps, j’attends vos tomates.

 

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Ah, au fait… avant qu’on ne publie une fatwa contre moi, sachez que je suis suffisamment intelligente pour ne pas mettre tout le monde dans le même panier; je sais très bien qu’il existe des musulmans raisonnables . Ce texte ne vise aucun d’entre ceux-là.

Maudit syndrôme de l’imposteur…

😦

En tout cas, ça n’arrive pas qu’à lui. En sortant du travail, il y a un peu plus d’une semaine, j’ai eu la mauvaise surprise de constater qu’il n’y a pas que dans les stationnements de centres d’achats que les gens ne pensent pas plus loin que leur bumper. Avant de raconter, je tiens à préciser que je n’ai pas la virtuosité de Francis en matière de dessins (wink)… Mais j’ai un salsifi de bon appareil photo.

Donc.  Le matin, en arrivant au boulot, me voilà-ti pas toute heureuse d’être contente : il y a une place pour me garer dans la rue et, ô joie, juste avant le coin, ce qui m’évite de faire une @$&*£ de manoeuvre parallèle. Je me gare, et je m’assure de laisser suffisamment d’espace derrière moi pour que le conducteur de la voiture qui me suit n’ait pas à défigurer mon bumper arrière quand il ou elle partira. Me voilà donc tranquille pour la journée, qui s’annonce belle (je sais, il ne m’en faut pas beaucoup pour être heureuse). 

C’était sans compter sur la bêtise du conducteur. Celui de derrière s’est mis à cette distance : 

Derrière lui, environ 2 pieds et demi.  En principe, ce n’est pas tellement un problème, puisque j’étais la première avant le coin, right? Erreur! parce que devant, il y a celui-ci qui a eu la « brillante » idée suivante :

Il a fallu que je zigne au moins 20 minutes (chronométrées) juste pour arriver à sortir sans rien endommager!

Ma seule consolation, j’ai laissé un mot à la moto au scooter (aux soins de son propriétaire) pour lui dire ce que j’en pensais…  Ça commencait par : « Bravo, champion! »

« …tout ce que je demande, c’est un toit pour mes enfants, des coeurs charitables qui m’offriraient leurs bras pour déménager et un camion pour une journée, il me semble que c’est pas trop?? »

Ce cri de découragement m’a été lancé la semaine dernière, par une femme que je considère comme une amie proche proche de mon coeur, et qui traverse avec angoisse une séparation difficile. Pas difficile en termes de peine sentimentale, puisque le crétin qui vient de l’abandonner pour la deuxième fois en deux ans n’avait mérité pas toute sa confiance pendant cette période de réconciliation tentative.  À ceux qui se demanderont pourquoi une deuxième fois, je répondrai que le crétin en question a quand même fabriqué trois enfants avec elle et que parfois, pour le bien de ces derniers, il y a des choix qu’on fait qui ne méritent aucune autre explication. Ça lui appartient. Reste qu’à l’heure où j’écris ceci, elle est dans un appartement qu’elle est forcée de quitter parce qu’elle voulait depuis un bon moment déjà changer de ville, pour que ses enfants puissent fréquenter une meilleure école. Et que Crétin l’a encouragée à remettre sa lettre de non-renouvellement à son propriétaire en lui promettant que tout irait bien, que cette fois il serait là pour le déménagement et qu’il avait des chums ‘à shop qui viendraient les aider. Et son appartement a été loué à quelqu’un d’autre presque tout de suite. Et puis…

Il y a une semaine, Crétin se préparait pour aller travailler. Son porte-monnaie, poussé par une patte féline, est tombé sur le sol et il en est sorti… un condom. À la surprise de mon amie, il a opposé un visage fermé. Quand elle lui a demandé ce que ça faisait là, il a répondu qu’il n’avait rien à dire et qu’il ne lui devait aucune explication. Et il a filé au travail.  Elle est allée voir dans sa table de nuit à lui et en a trouvé une pleine boîte. S’est rongé les sangs toute la journée, ensuite.  Il est revenu beaucoup plus tard du travail, ce soir-là. Et quand il est revenu, il lui a simplement remis ses clés, lui a dit qu’il ne l’aimait plus et  qu’il ne savait même pas en fait s’il l’avait déjà aimée et qu’il ne l’avait probablement épousée, la première fois, que parce qu’il voulait des enfants. Et il est parti, après lui avoir demandé de lui donner sa boîte de condoms, sans même leur dire au revoir, à ces enfants qu’il disait avoir désiré.

La première fois qu’il l’avait quittée, il y avait quelqu’un d’autre.  Cette fois, c’est juste l’appel de « la vie de célibat qu’il n’a jamais vraiment eue » qui motive l’abandon. La première fois, elle avait tenté de mettre fin à ses jours, s’est retrouvée à l’hôpital, a été soignée et est revenue chez elle, pour constater que les seules personnes qui lui restaient étaient ses enfants. Même sa mère n’a pas eu le coeur d’aller la voir à l’hôpital et a poussé l’audace jusqu’à affirmer qu’elle avait bien cherché ce qui lui arrivait. Moi, je suis arrivée dans sa vie quelques mois plus tard, par un concours de circonstances que je tairai, parce que ce n’est pas important. Ce qui l’est, c’est que maintenant j’y suis, et que la petite cuillère qui me sert à la ramasser ne me suffit pas toujours.

Pour l’heure, ce qui presse, c’est de trouver un endroit où elle pourra s’installer et écrire un nouveau chapitre de sa vie. Quand on aura trouvé, il faudra penser au déménagement, parce que bien sûr, comme c’était les chums de Crétin qui devaient aider, autant faire une croix dessus, maintenant. Et c’est là, la raison de ce billet. Je me demande, tout haut, s’il y a quelqu’un, quelque part, qui aurait à coeur de l’aider à déménager de Saint-Hubert à Saint-Jean-sur-Richelieu. Moi, je n’ai qu’une familiale qui peut servir à déménager des boîtes, mais pas des meubles.  Et toute seule, je ne suis pas assez forte non plus pour soulever un frigo. Si quelqu’un avait, ou connaissait quelqu’un qui a un camion, un pick-up, un trailer à prêter, et des bras pour une journée… elle l’apprécierait beaucoup.  Et peut-être que ça lui redonnerait un peu foi en la nature humaine, parce qu’en ce moment… mouais.

Si jamais ce billet trouvait un écho dans le coeur de quelques personnes, s’il vous plaît, écrivez-moi à nickiie35@hotmail.com. Je tenterai de coordonner le tout et puis… le traditionnel party pizza-bière-liqueur qui suit tout déménagement qui se respecte, c’est moi qui l’offre.

Ce billet risque de m’attirer, j’en suis fort consciente, quelques messages haineux, parce que je vais dire les choses telles qu’elles sont. J’assumerai.  Mais ce qui m’est arrivé lundi matin n’est rien pour me donner une bonne opinion des origines du type avec qui j’ai vécu cet événement.

 Voyez-vous, j’ai eu un accident de voiture, lundi matin. Pas un accrochage, mais un accident, qui nécessite qu’on fasse venir remorqueuse et policiers. En l’occurence, c’étaient des policières; apparemment, le type avait un mauvais karma…

Le soleil était aveuglant, lundi matin, si bien que je n’avais pas vu que le feu était au jaune. Mais j’ai vu à la dernière minute seconde qu’il était devenu rouge; en voulant freiner, en panique, mon pied a glissé de la pédale de frein. Le temps que j’appuie de nouveau dessus, il était trop tard, la voiture du type m’était rentrée dedans. 

Je vous rassure tout de suite, je n’ai absolument rien, si ce n’est qu’une bonne série de courbatures. Rien de cassé (sauf mon orgueil), rien de déplacé (sauf peut-être le doigt d’honneur que je ne lui ai jamais fait). Je sors de ma voiture pour constater les dégâts; Monsieur, lui, est déjà en train de vociférer devant la sienne.  Et remarquez que je peux comprendre qu’on puisse être contrarié et même en colère, quand ça arrive. Mais…

Moi : Est-ce que vous allez bien? Pas de blessures?
M. l’accidenté : Mais regarde cé qué ti viens de faire!! Jé viens de payer pour faire arranger ça!
Moi : Écoutez, j’ai eu un problème de freinage (Inutile de prendre trop de temps à expliquer…), j’en suis désolée!
M. l’accidenté : Mais tout est brisé, et c’est ta faute!
Moi : Bon, écoutez bien, je pourrais m’excuser 40 fois, me mettre à genoux et même bouffer l’asphalte si vous le demandez, mais je ne vois pas en quoi ça va changer quelque chose, là! On fait quoi? Un constat à l’amiable ou bien je fais venir la police?
M. l’accidenté : Non pas la police, ti viens avec moi au garage, et ti paies pour ma réparation, et jé né férai pas dé poursuite… (Ben oui, chose, bien essayé!!)

Entre-temps, une remorqueuse est arrivée (à point) et le conducteur s’est chargé de la situation. Il était temps, parce que moi, je commencais à avoir une « légère » crise de panique…

Remorqueur : Madame, allez vous asseoir dans votre voiture et essayez de vous calmer, je m’occupe de monsieur.  (Monsieur me suit pour s’asseoir dans mon auto)… Non, non, non, Monsieur! Laissez-la tranquille, elle n’est pas en état de quoi que ce soit pour le moment!
Monsieur l’accidenté (s’adressant à moi) : C’est OK, c’est OK, si ti n’as pas d’argent, on va s’arranger, jé né vais pas té nuire…

À l’arrivée des policières, procédures de base. On déplace les véhicules vers un endroit moins dangereux et débutons les prodécures, je leur remets mes papiers. On me demande si je veux être conduite à l’hôpital (non), si je crois être en mesure de conduire pour aller à mon travail (oui). Ensuite, dialogue un tantitnet inhabituel entre la policière numéro 1 et monsieur l’accidenté. 

M. l’accidenté : …mais jé té dis qué c’est à cause d’elle…
Policière : Monsieur, écoutez-moi!! Ce que je vous explique n’a aucun rapport avec l’accident qui vient d’arriver, je vous dis que vos papiers…
M. l’accidenté (l’interrompant) : Mais il est encore bon pour trois mois!!!
Policière : Monsieur? Ce permis-là est un permis algérien, ce n’est pas un permis international. Vous êtes résident permanent au Québec?
M. l’accidenté : Oui, oui, oui!
Policière : Alors vous devez, selon la loi, détenir un permis de conduire du Québec.
M. l’accidenté : Mais jé dis qué c’est elle qui m’est rentrée dedans ma voiture! (Faux, j’ai grillé le feu rouge, mais c’est lui qui m’est rentré dedans.  Ça n’enlève en rien ma responsabilité mais faut pas charier, là…)
Policière : On parle d’autre chose, là, monsieur . Vous conduisiez sans permis!
M. l’accidenté : Mais régardez, ti l’as, mon permis! Il est encore bon pour trois mois…

Bref. L’histoire se termine moins mal qu’on pourrait le croire, pour moi.  Mes dommages se limitent à une aile et un pare-chocs à remplacer, et mon pneu s’est fendu, ce qui fait que je suis retournée chez moi, à la fin de la journée, avec ma roue de secours, installée par monsieur le remorqueur, tout en sachant que je n’avais pas de quoi payer. Parce que le civisme existe encore, a-t-il dit. Et oui, je suis allée travailler cette journée-là (on était à personnel réduit, lundi). Hier, après examens cliniques, on a confirmé que je n’ai rien de déplacé, juste l’impression d’être passée dans un hachoir à viande (à cause du stress). Il y a vraiment un ange de la route qui veille sur moi. Qui qu’il soit, je l’en remercie.

Mais si j’ai une seule chose à dire après ceci, c’est un conseil que j’ai envie de donner à n’importe quel aspirant à l’immigration au Québec : « Si tu veux quitter ton pays pour venir vivre dans le mien, pas de problème.  Mais n’oublie pas une chose : les lois et la coutume d’ici sont très différentes de celles de chez toi.  Si tu choisis de vivre ici, tu devras t’y plier. Argumenter avec tout le monde, en particulier avec la police, essayer de toujours mettre le blâme sur les autres, discuter, argumenter encore juste pour avoir raison, ça n’est pas une bonne attitude à avoir. Peut-être que chez toi, c’est culturel de toujours vouloir avoir raison, de croire que tu sais tout et que les autres sont des tarés, en particulier si les autres en question sont des femmes, ici, on essaie d’éviter ça. Ici, les femmes sont les égales des hommes (du moins, on travaille fort pour y arriver). Ici, on laisse parler le monde AVANT d’argumenter avec eux, question de s’assurer qu’on ne s’obstine pas pour la même chose. Ici, c’est ici, et chez toi, c’est chez toi; c’est probablement cette différence-là qui fait que tu veux quitter chez toi pour vivre ici. Alors, respecte-la donc, cette différence. N’essaie pas d’importer tes lois, elles ne passeront pas. Et sache que le respect qu’on obtient, il est souvent égal à celui qu’on donne. »

Je le sais, mon opinion ne plaira pas à tous. Sauf qu’une personne avertie en vaut deux.

Ce billet ne s’adresse qu’à une seule personne : celui ou celle qui a cloné ma carte de guichet la semaine dernière et qui a vidé mon compte de presque tout ce qu’il contenait. Je suppose que je devrais le ou la remercier de m’avoir laissé 17$…

Oui, mon institution financière a des assurances, oui je serai remboursée mais… le trouble que ça cause, c’est loin d’être une partie de plaisir. Et juste avant Noël comme ça…

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