avril 2009


La fée Bianka avait encore un peu de magie dans sa baguette, cette semaine. Grâce à elle, j’ai eu l’occasion d’aller voir un spectacle tout à fait inusité à l’Agora de la danse, hier soir. Si j’ai été charmée par l’histoire sans paroles (hormis la bande sonore) qu’on nous racontait en première partie, j’ai oublié de comprendre la deuxième partie. Mais l’élément constant, qui m’a soufflée à plusieurs reprises, c’est la fluidité des mouvements des danseurs, tant dans leur quasi-symbiose que dans les tableaux où ils dansaient séparés les uns des autres.

J’avais de nouveau offert à Coconut de m’accompagner. « Bof, moi, tsé, la danse… » fut sa réponse.  « Pourquoi tu n’emmènerais pas Mimi? La danse, c’est sa passion! »  J’ai trouvé l’idée excellente : d’une part je passerais ainsi du temps privilégié avec la petite amie de mon fils et d’autre part je lui ferais plaisir : elle adore la danse, les spectacles et Montréal.  Un point partout.

Pour ma part, ce fut une super soirée. J’ai aimé la représentation, j’ai pu constater qu’il est très facile de s’entendre avec Mimi-la-jolie-à-Coconut et de l’aimer, et en plus j’ai eu le plaisir de recroiser Pierre-Yves et de faire (enfin!) la connaissance d’une très jolie Noisette et de son meilleur ami, le Médiateur farceur.

Et Mimi, a-t-elle aimé?  Je lui ai demandé de l’exprimer d’elle-même :

Mercredi dernier, j’ai été voir un spectacle de danse contemporaine à l’Agora de la Danse de Montréal. Il était chorégraphié et dansé par Crystal Pite et cinq autres danseurs.

La première partie se déroulait sur une petite scène et était très théâtrale.  Tellement, qu’on se demandait si nous étions en train d’assister à une comédie musicale, plutôt qu’à un spectacle de danse. L’histoire était celle d’un inventeur qui avait créé une marionnette de forme humaine et lui avait donné vie, un peu comme Pinocchio. La marionnette était contrôlée par cinq danseurs (que je nommerai «ombres») qui contrôlaient chacune des parties de son corps. L’agilité avec laquelle la marionnette se déplaçait sur scène était telle qu’on en oubliait ceux qui l’agitaient. Déjà les jeux de lumière, ainsi que le jeu des danseurs avaient de quoi impressionner. Durant cette partie, l’une des «ombres» semblait s’être éprise de la marionnette et de son créateur, ou plutôt de l’être humain.

Par contre, la deuxième partie se déroule sur une scène beaucoup plus vaste. Ici, on abandonne un peu le côté théâtral pour faire place à la danse et à l’abstrait. Pendant cette partie, l’«ombre» semble observer l’être humain sous tous ces aspects : ses sentiments, en passant du plus banal au plus intense, ainsi que le langage que son corps exprime. Et pour ce qui est du langage du corps, je peux vous assurer que ces danseurs savent l’exprimer avec plus d’adresse que quiconque. Avec leurs mouvements, passant du saccadé à la grâce, de la violence à la légèreté, ils réussissent à exprimer des sentiments impossibles à décrire avec des mots. À certains moments, on n’arrive même plus à comprendre comment les mouvements sont exécutés, et on en vient à penser que les danseurs n’ont plus d’articulations pour réussir de telles positions. Mais le plus fascinant dans tout cela, c’est qu’ils ne dansent jamais ou presque pas sur de la musique comme on la connaît habituellement. Le rythme, ils le trouvent dans des sons tels que : le bruit de la vitre qui se brise ou celui du papier qu’on chiffonne. Ils nous prouvent ainsi que chaque son que l’on peut entendre contient sa musique et son rythme propre. Parfois, ils dansent même sans aucun son, comme si l’air lui-même avait son rythme. À certain moment, l’«ombre» va se joindre aux danseurs comme si elle voulait essayer d’être et de faire comme eux. À la fin, elle devient ce qui la fascine tant, un être humain. L’inventeur va alors la rejoindre et semble lui enseigner comment  bouger avec son corps, et en même temps, il lui montre différents aspects de la vie tels que l’amour ou la mort. Ce dernier duo est d’une beauté incomparable, dansé sur une musique plus calme et plus légère.

 Bref, vous devinez sans doute que j’ai adoré le spectacle. Je le conseille à tous ceux qui sauront apprécier une telle œuvre.

 Myriam

NDLB : le texte de Mimi, je l’ai publié tel que je l’ai reçu. Aucune correction ni modification n’a été apportée. Pas mal du tout, pour une étudiante de secondaire III, non?

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Le chauffe-eau qui rend l’âme, c’est un truc dont n’importe qui peut se passer.  Ramasser l’eau qui s’est répandue à la quasi-grandeur du plancher du sous-sol itou.

Mais quand ça t’arrive alors que t’es au chômage et ton mari aussi, ça fait monter d’une coche le facteur « ça fait suer ». Hier, on a magasiné des chauffe-eau et des installateurs. Il a évidemment fallu aussi faire une croix sur toute utilisation d’eau chaude jusqu’à l’installation, ce matin. Et c’est là que Murphy s’est pointé le bout du nez.

J’ai commencé mes règles hier.

Stie.

C’est ce que Coconut m’a dit ce soir, en rentrant. « En fait, ce sont tous les arts de la scène qui m’attirent, je pense, » a-t-il rajouté.  Et j’en suis bien heureuse.

Et vous, qui me lisez, vous n’avez pas été dupes de mon dernier billet – tant mieux! En fait, le titre était une petite mise en bouche de la soirée que je viens de passer, au Théâtre Aux Écuries pour la pièce Je voudrais crever, de Marc-Antoine Cyr, présentée par la Troupe DuBunker. Et c’est avec Coconut que j’y suis allée.

 « Bon, encore une pièce qui parle de la mort, on est gâtés! », que je me suis dit en lisant le synopsis. Mais j’étais partante quand même : des fois on peut rester surpris… ça a été mon cas. L’histoire est celle de cinq amis de longue date : Solange revient de voyage mais n’en est pas tout à fait revenue, Paul vient de perdre sa blonde, Sylvain et Luce viennent de s’acheter une maison et Matéo est en train de mourir. C’est autour de lui que les autres se rencontrent et parlent de ce qui les fait passer à la prochaine étape, à l’âge adulte.  Malgré le propos quelque peu morbide, cette pièce célèbre la vie.

Dialogues entrecoupés de chants, des voix exquises qui s’harmonisent à merveille, et une mise en scène des plus inhabituelles mais qui fonctionne à fond : j’ai été enchantée. Et Coconut en redemande – il m’a dit que s’il avait la chance de la revoir, il n’hésiterait pas un instant. Je pense qu’il a dû me dire au mois une douzaine de fois qu’il a adoré la pièce. Lui qui se demandait ce qu’il faisait là, au début, en constatant qu’il était le seul de son âge sur place, il est bien content que je l’y aie amené.

Et comme un délicieux sundae ne vient jamais sans cerise, j’ai eu le très grand plaisir de faire enfin la connaissance de la (très jolie et super-gentille) fée qui m’a permis de passer d’agréables soirées au théâtre et d’un blogueur à qui j’ai dit plusieurs fois combien j’envie sa plume… Je lui avais dit de chercher la grosse femme aux lunettes bleues; je suis très heureuse qu’il l’ait fait.

Je voudrais crever est présenté du 14 avril au 2 mai, à 20 heures, au Théâtre Aux Écuries.

Photo : David Ospina

Photo : David Ospina

Ce soir.

 

(Mais qu’est-ce que je vais porter?)

Joyeuses Pâques à tous.

Je n’élabore pas, parce qu’il n’y a rien de plus à dire.

À ceux qui écrivent bien et ceux qui écrivent moins bien. À ceux qui font de la littérature, ceux qui prétendent en faire, ceux qui croient en faire. À ceux que je lis régulièrement et ceux que je lis au fil d’une navigation aléatoire. À ceux qui prennent bien la critique et aux autres qui s’en tapent. À ceux qui se sentent visés et ceux que je refuse de nommer, ce message ayant des visées générales.

Je l’ai déjà dit, je le répète : LE PASSÉ SIMPLE N’A DE SIMPLE QUE L’APPELLATION. Si vous choisissez de vous en servir, de grâce, apprenez-le au préalable. Un Bescherelle, c’est trois fois rien et on en trouve dans les boutiques de livres usagés. Sinon, allez donc voir par là, c’est gratuit.  Parce que mal utiliser le passé simple dans un texte, c’est comme essayer de montrer qu’on en sait beaucoup alors qu’on ne sait pas de quoi on parle : en fin de compte, (« je décida »,) ça a juste l’air tata.

Ce message d’intérêt public vous a été présenté par une amoureuse du français qui en peut de moins en moins de voir sa langue ainsi massacrée.

Pour clore ma dernière journée de travail de belle façon, je suis allée voir une pièce de théâtre mardi soir. C’était pas prévu comme ça, mais l’invitation qu’on m’avait faite tombait la même journée, et moi je trouvais que c’était bien comme ça.

Je suis allée voir La fête sauvage, au Théâtre de la Licorne, mardi soir.  Jade Bérubé avait écrit ceci au sujet de cette pièce, en 2006 :

« La fête sauvage » hante longtemps les esprits après la fin de la représentation… L’expérience poétique de Gosselin est essentielle à notre jeune dramaturgie… L’ensemble de cette création du Théâtre de la Banquette arrière réjouit.
Jade Bérubé
La Presse – 2006-09-18

C’est tout à fait vai. Cette pièce, ses personnages, leurs répliques, occupe encore mes pensées, deux jours plus tard. Qu’en dire?  Si je me suis sentie propulsée au départ dans un monde un peu bizarre, à la toute fin je n’ai pu qu’applaudir.  Pour moi qui aime se faire raconter une histoire, pour que puisse dire que c’était bon, que j’ai aimé adoré, il faut que l’histoire me captive, que je ne sache pas penser à quoi que ce soit d’autre que ce qu’on me raconte.

Ce fut le cas de La fête sauvage. C’est vrai qu’au départ, le propos me touchait beaucoup, parce que Martine 1, celle qu’on fête, est une endeuillée par suicide, tout comme moi. Je m’attendais à trouver certains passages difficiles, et pourtant, le texte de Mathieu Gosselin a réussi à me faire rire, par moments. Ajoutez à cela une brillante mise en scène et un jeu enlevant des acteurs.  Ça a suffit pour que j’embarque dans une bulle et que j’en redescende une fois le rideau tombé.  Je ne serais pas surprise que la pièce soit à nouveau à guichets fermés, comme lorsqu’elle avait été présentée, en 2006.

La fête sauvage est à l’affiche au Théâtre de la Licorne, 4559, rue Papineau, du 31 mars au 25 avril.

Il y a d’autres commentaires sur la pièce, ici et ici.

Au fait, Noisette : si tu étais juste derrière Pierre Lebeau, ça veut dire que tu étais juste devant moi… 😉