Coconut


Merci, merci, mille millions de mercis à ceux qui ont pris le temps de laisser un commentaire à mon dernier billet. Ça m’a fait chaud au coeur. Merci à ceux qui se sont arrêtés quelques instants pour venir me lire… Merci d’être encore là.

J’ai encore tant de choses à écrire et je ne sais comment m’y prendre ou par où commencer. Un petit récapitulatif de mes mois de silence pourrait être un bon début, non? Alors voici :

Depuis novembre, il y a eu la chimiothérapie de mon père. Six traitement de 46 heures aux deux semaines, puis arrêt de 3 semaines, scan et consultation avec l’oncologue. Il appert que sa tumeur a diminué de plus de 50 %, et il a été décidé de lui donner deux autres rondes de chimio, suivies d’une autre période d’arrêt de trois semaines, un autre scan et ils décideront ensuite s’ils opèrent. Ce sont plutôt des bonnes nouvelles, considérant qu’il s’agit d’une récidive du cancer en question. Mon père a profité de son premier arrêt de 3 semaines pour aller à Cuba avec ma mère et des amis. Et il réagit relativement bien au traitement puisque, chimio ou pas, il va quand même aux bois à chaque occasion qu’il a. Je l’ai longtemps pris pour un ours, mais je me trompais. C’est un boeuf.

Les Fêtes ont été calmes, un peu à cause du paragraphe qui précède. Par contre, j’ai redécouvert le plaisir des réunions de famille élargie, notamment lors des deux visites de ma cousine qui vit aux États-Unis qui ont motivé un souper au resto et une sortie de cabane à sucre, du 70e anniversaire de naissance d’un oncle et du dîner de Pâques chez ma soeur. Dire qu’il n’y a pas qu’aux Fêtes qu’on peut se réunir en famille et s’apprécier, c’est un cliché que tous connaissent. Mais dans cette époque où tout va toujours trop vite, prendre le temps de le faire, c’est comme une rédécouverte à chaque fois.

Rien ne change du côté de la famille. Époux-stouflant poursuit ses études et réussit très bien. Coconut évolue et continue à me remplir de fierté. Il développe ses propres opinions, s’intéresse (juste un peu, mais quand même) à la politique, est toujours amoureux de JolieMimi et réussit bien à l’école. À ce propos, j’aurai probablement quelque chose de bien à annoncer bientôt.

Mon frère, mon champion, tient le coup au lieu de le prendre. Et récemment, il vit des émotions fortes, des chose pas évidentes et il reste debout. Du coup, c’est moi qui suis sur le cul, mais d’admiration.

Maman, qui a toujours juré de ne jamais toucher à un clavier de sa vie (ça mord, ces affaires-là!), s’est mise à Facebook. Et elle adore pouvoir avoir des nouvelles de tout le monde en quelques clics, et elle a trouvé comment on met les accents sur les a et les e, toute seule! Elle aussi, elle m’épate.

Et moi. Moi… Il n’y a pas grand-chose à dire. J’ai eu besoin d’une pause ici pour refaire mes idées, savoir ce que je voulais faire, savoir si j’avais encore des choses à dire… Ma réponse m’a été donnée par Facebook, justement. Si je suis capable de changer mon statut à tous les jours, c’est forcément que j’ai encore des choses à dire. Mais pour l’élaboration, il semble bien que c’est ici que ça se passera. Est-ce que je changerai de formule? Probablement pas. Parce la blogueuse qui écrit ici n’est pas différente de la femme que je vois le matin dans mon miroir, de la mère, de l’épouse, de l’amie, de la collègue. J’aurai donc toujours des coups de gueule, des émotions, des tranches de vie, des anecdotes, des histoires qui me font rire, sourire, pleurer… et l’envie de vous les partager.

En attendant, je vous serre très fort contre mon coeur.

Je n’ai pas écrit depuis trop longtemps.

Je manque juste de temps. Étrangement. Pourtant je n’ai plus besoin de sortir pour aller travailler, mais… Au fond, ce n’est pas le temps qui me manque, mais l’organisation de mon temps.

Je ne suis pas morte et je n’ai pas décidé d’arrêter de bloguer. C’est déjà ça de pris!

Retour à l’école pour Coconut – aujourd’hui il est allé chercher son  horaire. Et moi, comme la bonne mère cauchemardesque d’ado que je suis, je lui ai dit (presque pas fort… heu.. ouais.) lorsqu’il est descendu de voiture : « Cocooooo, c’est ton premier jour d’école, tu me fais un bisouuuuuu???? » Sa réponse : « Euh… Bon, à plus tard, okay? » Ça devient une tradition à chaque année. Et j’adore ça. Et lui aussi, car même s’il ne le sait pas, c’est le genre de truc dont il se souviendra avec tendressee quand je ne serai plus là.

Retour aux études, aussi, pour Époux-Stouflant. Il m’a avoué avoir le trac, non pas à cause des études, mais à cause de la baisse de revenus. Ça va aller. On le sait tous les deux. Mais j’aime qu’il me voie encore comme une partenaire à qui il peut le dire.

Depuis mon dernier billet, j’ai cessé de travailler pour l’employeur good on paper. Trop de stress, ambiance de travail glaciale, gens impossibles à amadouer. Je n’ai pas pu m’y faire. Mais dès le lendemain, j’avais l’aval d’une clinique médicale pour être transcriptrice à la pige. Et ils ont de quoi me tenir occupée 8 heures par jour, 5 jours par semaine, aussi longtemps que je le souhaite.  Mon vocabulaire médical me revient comme si je n’avais jamais quitté le milieu de la santé. En plus de mes clients en traduction qui rappliquent. Je n’ai pas à me plaindre, en fin de compte. Tout ce que je souhaite, cette fois, c’est de ne pas avoir à courir après ma paie.

Et vous, ça va?

Il n’est pas rouge. Il n’appartient pas non plus à un fantôme, quoique… Il n’a aucune valeur sur le marché des collectionneurs. Il ne s’agit que du violon d’un très vieil homme, qui l’a vendu à une grand-maman qui, elle, a pensé que cela ferait plaisir à son petit-fils.

Car le petit-fils en question, voyez-vous, il a la musique dans le sang. Il a attrapé la piqûre vers 5-6 ans, avec un harmonica, quand il a été capable de reproduire le rif du début de Tassez-vous de d’là, des Colocs. Ensuite, ça a été la flûte à bec, comme tous les enfants de première année. « J’aime la musique, » qu’il disait souvent, « c’est ma matière préférée, avec l’anglais. »

Sa grand-mère, quand elle a su qu’il aimait la musique, lui a demandé s’il aimerait un jour avoir un clavier électronique, pour apprendre à jouer du piano. Elle le lui offrit pour ses 11 ans, avec une session de cours auprès d’une professeure qu’elle connaissait bien.

Ensuite, ce fut une guitare. Parce qu’une fois, en visite chez une amie de son papa, il en a pris une dans ses mains et a fait quelques notes. Comme ça, pour le fun. Sa maman lui en acheta donc une à lui. Il était fou de joie. Armé de son nouvel instrument, il allait sur Internet pour voir comment les grands faisaient, et les imiter… En moins de quelques semaines, il arrivait à jouer des chansons connues. Oh, bien sûr, il y avait quelques hésitations, mais il était fier d’avoir appris tout seul. Plus tard, un ami de son papa lui donna la guitare électrique de son propre fils, qui dormait, toute neuve, dans son sous-sol depuis des années.

Et plus tard encore, il demanda, comme cadeaux d’anniversaire et de Noël combinés, une guitare électrique un peu plus métal, à son goût à lui. Et comme sa maman trouvait qu’il valait la peine de l’encourager, elle la lui offrit l’année de ses 14 ans.

Et il jouait à chaque jour, que ce soit en écoutant de la musique et en jouant en même temps pour apprendre, ou en solo. Dès qu’il avait un moment de libre, il prenait l’une de ses guitares et jouait. Ou bien il branchait son clavier à son ordinateur et s’amusait avec les sonorités.

Et la semaine dernière, sa grand-mère est venue lui donner ce violon… La maman, partagée entre le plaisir de voir son fils heureux et l’appréhension des fausses notes stridentes et criardes qui attendait la maisonnée, le temps qu’il apprenne à s’en servir comme il faut, ne dit rien, et sourit. Parce que sur un violon, il n’y a aucun repère pour les notes, il faut savoir, paraît-il. Ce n’est pas facile à apprendre, qu’on dit.

L’ado-musicien a pris le violon, tout content… Il l’a manipulé un peu, a doucement pincé les cordes… Et puis il l’a mis sur son épaule, a pris l’archet. Et en moins de vingt minutes, il produisait une gamme. Les jours qui ont suivi, il a poussé l’originalité jusqu’à tenter de jouer du Ozzy Osbourne avec son nouvel instrument. Et il y est arrivé. Encore une fois, c’est certain qu’il y a des hésitations, que les notes ne sont pas encore pures. Faut lui donner une chance, ça ne fait qu’une semaine qu’il l’a. Et pas une fois depuis le premier soir, le violon n’a chuinté.

C’est mon dernier vendredi ici. Ma dernière journée « en solo ».  Lundi prochain, la titulaire légitime du poste que j’occupe reviendra de son congé de maternité, et moi je viendrai passer deux jours avec elle pour la mettre à jour dans les dossiers et lui rendre sa place. 

Ça fait deux mois que je fais de la recherche active d’emploi; que j’envoie ma candidature, que je passe des entrevues, que j’ouvre des dossiers auprès des agences de placement, et je n’ai rien en vue. Nada. Pour moi je dois être crissement poche en entrevue, même si à chaque fois j’ai l’impression que ça s’est bien passé. Ou alors, il y a vraiment des employeurs grossophobes – z’ont pas le droit de le dire, c’est pas légal, mais c’est malheureusement très facile à contourner. Si c’est ça, la raison pour laquelle on ne m’engage pas, ben tant mieux, je ne voudrais pas travailler avec ce genre de personnes.  Si c’est autre chose, j’aimerais bien le savoir.

Bref. Le premier avril, je commencerai ma journée en ne me levant pas à 5h du matin. Tant qu’à n’avoir aucun boulot en vue, autant prendre le reste de ma semaine pour relaxer un peu et offrir davantage de disponibilités à mes clients en traduction. Aller au bureau de l’assurance-emploi. Faire ma demande. Me préparer à attendre au moins deux mois avant de recevoir mes prestations. Ce sont mes créanciers qui vont être contents!!

Je n’arrive pas à déterminer si je suis découragée ou pas. J’aurais bien aimé trouver un emploi ailleurs, où j’aurais commencé tout de suite. Mais ce n’est pas plus mal de savoir que je vais avoir quelques journées (semaines? mois?) à moi. 

Ce soir, Coconut fait partie du spectacle de la Relève d’improvisation de la polyvalente. Mon billet est acheté, et j’ai très, très hâte d’exploser de fierté, encore une fois.   Ça va me faire du bien de penser à autre chose, le temps de quelques heures…

Vu que ça s’en vient et que je manque singulièrement d’idées pour un billet original.

Je ne vais poser qu’une question : selon vous, un couple qui passe tout droit, de part et d’autre et trois années de suite, sur son anniversaire de mariage, ce couple-là a-t-il vraiment des chances de fêter la Saint-Valentin?

Poser la question, c’est y répondre.

Et non, ça ne me dérange pas une miette; cela dit, Coconut s’en tient à ce qu’il avait dit dans ce billet-là.  Il dit souvent à MiniJolie qu’il l’aime. TRÈS souvent. Et c’est très bien comme ça.

1, 2, 3, 4, 5… Dès le premier jour des cinq premières années, tu as été mon petit ange, la réponse à ma plus instante prière, le plus beau cadeau qui m’ait été offert par Dieu, mon bébé. À partir de l’instant où j’ai su que tu venais et pendant ces mois d’attente, j’ai su que tu changerais ma vie. Et c’est ce que tu as fait. Tes sourires si fréquents, tes rires qui ont été une musique à mes oreilles, tes grands yeux pers, ton babil, puis tes mots, puis tes phrases, tout ce qui fait que tu existais, que tu étais toi, m’ont fait grandir, et m’ont fait atteindre ce bonheur qu’on ne connait que lorsqu’on touche enfin ce qu’on a désiré longtemps… J’ai assisté à tes premiers mots, ri de tes trouvailles, me suis émerveillée de ta soif de tout savoir et tout comprendre; tu m’as émue quand tu as compris et accepté la période où on est passés ensemble d’une famille à juste nous deux. Quand l’homme qui deviendrait ton beau-père t’a demandé : « Dis, est-ce que tu sais que je l’aime, ta maman? », tu lui as répondu « Ben, oui! » comme s’il s’agissait d’une évidence depuis longtemps, pour toi. Et cette facilité que tu as depuis toujours à te faire aimer de tous, ne fait que confirmer que j’avais raison de croire que tu étais un petit bonhomme d’exception. Et cet amour qui coule comme un torrent de mon cœur au tien et qui me revient avec autant de force…

6, 7, 8, 9, 10… Et puis, tu as commencé l’école, mon petit garçon. Tes professeurs ne tarissaient pas d’éloges à ton endroit, tu t’es fait de nombreux nouveaux amis, ensuite tu as réagi comme un grand face à un school bully qui t’intimidait; pas un instant tu n’as pensé que c’était faible de demander l’aide des grandes personnes. Quand j’ai connu le pire tu étais souvent là pour me regarder le plus sérieusement du monde et me dire, pendant une crise de panique : « Respire, douuuucement, Maman. Fais comme moi : ffffffffffffffffffff ». Sans le savoir, tu as été celui qui m’a sauvé la vie pendant toute cette sombre période. Tu étais mon trésor, mon phare, LA raison pour laquelle il fallait que je m’accroche. À l’aube de ton dixième anniversaire, nous avions une nouvelle maison, tu fréquentais une nouvelle école et encore, cette aptitude à te faire des amis, ce don que tu as de te faire aimer ont fait en sorte que tout le monde t’appelait « son meilleur ami ». Et je te regardais, et je me demandais si un jour mon cœur n’exploserait pas, à force de contenir cette fierté que j’éprouvais pour toi. Et cet amour qui coule comme un torrent de mon cœur au tien et qui me revient avec autant de force…

11, 12, 13, 14… Tu as vécu tes premières grosses déceptions au cours de ces années-là, mon ado-naissant. J’ai du te regarder, impuissante, te battre contre ton cœur. Il m’a fallu te regarder pleurer et sentir mon ventre se déchirer, se remplir de révolte contre celui qui te causait autant de chagrin, et me contenter d’être là, de te tenir la main et de t’écouter. Et tu as surmonté cette peine comme le champion que tu as toujours été. Tu t’es découvert des goûts bien à toi, des talents que tu exploites de manière grandiose; tes liens d’amitié avec les autres se sont noués, défaits, renoués selon l’évolution de tes goûts et de ton caractère. Tu as connu ton premier « vrai » amour, et tu avances vers cette vie qui est la tienne, grand, solide, avec confiance en tes moyens, et tu sais que derrière toi, il y a moi, celle qui t’a mis au monde et qui n’en finit plus d’exploser de fierté, mon grand garçon. Et cet amour qui coule comme un torrent de mon cœur au tien et qui me revient avec autant de force…

15 ans. C’est l’âge que tu as aujourd’hui. Mon bébé, mon petit garçon, mon ado-naissant, mon grand garçon… mon fils. Si je pleure un peu en écrivant ceci, sache que mes larmes sont faites de fierté. Elle a toujours marché main dans la main avec l’amour que j’ai pour toi, ma fierté. Oh, bien sûr, tu as aussi eu tes moments moins roses, on a eu nos chicanes, nos différends… La vie n’est pas que rose, ou toute blanche, ou toute noire. Je t’ai appris et je continuerai de t’apprendre ce que je sais, ce que je considère comme important. Mais sache, mon fils, que tu m’as fait grandir, toi aussi. À chaque jour. Et je sais qu’ensemble, on grandira encore, tous les deux. Tu sais combien je t’aime, combien je suis fière de toi, parce qu’aucun jour ne se passe sans que je te le dise au moins une fois. Mais aujourd’hui, particulièrement, je voulais te le dire, une fois de plus : tu es mon ange, mon trésor. Je t’aime, et je t’aimerai toujours, de cet amour qui coule comme un torrent de mon cœur au tien et qui me revient avec autant de force.

Bon anniversaire, mon grand garçon. Tu es toute ma fierté.

– quand la circulation me permet d’arriver au bureau à l’heure;
– me faire demander par la commis du magasin, des collègues de travail : « C’est quoi, votre parfum?? Il sent vraiment bon »;
– sortir avec Époux-stoufflant pour un souper et une pièce de théâtre;
– me faire dire par Coconut : « Tu sens bon, Maman » à la fin d’une journée;
– me faire dire par une vendeuse, en quittant la boutique : « Je vous gage qu’il va faire soleil, quand vous allez sortir, et ce sera grâce à vous » (pour avoir passé mon temps à dire des niaiseries en payant mes achats);
– trouver LE rouge à lèvre qui tient ses promesses (et toute la journée!);
– dans la même foulée, trouver LE mascara qui tient toute la journée, qui ne floconne pas, ne coule pas ET qui ne coûte pas la peau des fesses;
– quand Choco a besoin que j’aille avec elle pour son magasinage d’été, et qu’elle repart avec des couleurs qui lui vont à ravir mais qu’elle n’aurait jamais regardées sans moi (et on remet ça ce soir pour le dossier maillot de bain);
– le bien-être ressenti en sortant du gym;
– l’odeur de la terre mouillée, mêlée à celle du gazon fraîchement coupé (les journées pluvieuses ont aussi du bon…)
– que Coconut m’appelle sur mon cellulaire pour me dire qu’il a brisé un record de notes en histoire, et qu’il ne soit pas capable d’attendre pour me le dire;
– que Frérot m’appelle « sa bouée de survie » (pis ça n’a rien à voir avec ma morphologie!!)
– le plaisir anticipé d’un souper-croisière avec ma boîte la semaine prochaine…

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